Alors que la chaleur s'installe sur une partie du territoire, les climatiseurs mobiles commercialisés par Lidl font l'objet d'une frénésie de revente sur les sites d'annonces entre particuliers. Proposés en magasin à moins de 200 euros, ces appareils se négocient à des montants atteignant parfois 650 euros, soit plus de trois fois leur valeur d'origine. Cette pratique suscite des réactions contrastées, entre dénonciation d'un opportunisme et aveu de tentation chez certains vendeurs.

Des marges spectaculaires sur un produit très demandé

Les offres publiées ces derniers jours sur les plateformes de seconde main témoignent d'une envolée des prix. Un modèle acheté aux alentours de 150 euros se retrouve proposé à 600 euros, voire davantage. L'un des annonceurs interrogés reconnaît sans détour : « J'ai craqué, je l'ai mis à 650 euros ». Il explique avoir cédé à la tentation de réaliser une plus-value rapide, voyant que la demande dépassait largement l'offre. Un autre vendeur justifie son tarif par la loi du marché : « C'est simple, il n'y en a plus nulle part. Les gens sont prêts à payer cher pour avoir un peu de fraîcheur tout de suite. »

Une logique d'opportunité plus que de calcul

Si certains y voient une stratégie de revente bien rodée, plusieurs des revendeurs contactés se décrivent plutôt comme des profanes saisis par l'opportunité. L'un d'eux affirme avoir acheté deux unités sans intention de les revendre, avant de se raviser en constatant les prix pratiqués sur les annonces. « Au début, je voulais garder les deux, mais quand j'ai vu que certaines annonces affichaient 700 euros, je me suis dit que je pouvais en laisser partir un », confie-t-il. Un autre précise qu'il s'agit pour lui d'un « coup ponctuel », motivé par l'absence de stock en magasin et la soudaineté de la hausse des températures.

Des acheteurs prêts à payer le prix fort

Du côté des acquéreurs, la précipitation est également palpable. Des témoignages font état de personnes ayant déboursé plusieurs centaines d'euros pour obtenir un climatiseur livré rapidement, faute d'alternative en grande surface. Un consommateur ayant payé 300 euros un modèle vendu initialement 180 euros indique : « Je sais que c'est cher, mais avec 35 °C annoncés chez moi, je n'avais pas le choix. » Ce sentiment d'urgence alimente un marché parallèle où les prix s'envolent sans régulation.

Une pratique légale mais controversée

Sur le plan juridique, la revente d'un produit neuf ou d'occasion entre particuliers n'est pas interdite, tant qu'elle ne relève pas d'une activité commerciale habituelle sans déclaration. Certains observateurs estiment toutefois que ces marges excessives relèvent d'une forme de spéculation sur un bien de première nécessité en période de canicule. L'enseigne Lidl, interrogée, n'a pas commenté ces reventes et se borne à rappeler que ses stocks sont régulièrement renouvelés. En attendant, les annonces continuent de fleurir, et les enchères entre particuliers de grimper, tandis que le thermomètre ne faiblit pas.