Le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, a assuré lundi 22 juin que des « progrès significatifs » avaient été accomplis lors du premier cycle de négociations directes entre Washington et Téhéran, organisé en Suisse. Dans une déclaration retransmise depuis le complexe hôtelier de Burgenstock, il a présenté l’ébauche d’accord comme une solution « gagnant-gagnant » pour les deux parties, reprenant les termes employés par le président Donald Trump pour défendre sa politique de rapprochement.

Un ton optimiste contrasté avec les analyses critiques

Cette appréciation positive contraste nettement avec le regard porté par plusieurs spécialistes des relations internationales. Scott Lucas, professeur d’études américaines et de politique internationale au Clinton Institute de l’University College Dublin, estime que les Américains ne négocient pas en position de force. « Les États-Unis sont passés du changement de régime à la reddition du régime », a-t-il expliqué, « en essayant de bombarder pour amener les Iraniens à capituler sur un certain nombre de conditions. Cela a échoué. » Selon lui, Washington a dû revenir à la table des négociations après avoir écarté l’option d’un déploiement de troupes au sol. Il ajoute que l’administration américaine a mésestimé la capacité de riposte de l’Iran sur les États du Golfe ainsi que l’impact du blocus du détroit d’Ormuz sur l’économie mondiale.

Un premier cycle sous tension

Les pourparlers, qui se sont déroulés sur plusieurs jours, ont été marqués par des menaces répétées du président Trump de frapper l’Iran, tout en laissant la porte ouverte à la diplomatie. La délégation iranienne, menée par le président Massoud Pezeshkian, a salué de son côté le succès de ces premières discussions, les qualifiant d’« asymétriques mais positives ». Les négociations ont été facilitées par la médiation du Qatar et d’Oman.

Un accord contesté mais avancé

L’accord défendu par J.D. Vance s’inscrit dans la continuité de l’approche trumpienne, qui privilégie un règlement global des différends nucléaires et régionaux. Les termes exacts de l’ébauche d’accord n’ont pas été rendus publics, mais des sources proches des discussions évoquent des concessions réciproques sur l’enrichissement d’uranium et la levée de certaines sanctions. Vance a insisté sur le fait que cet accord permettrait aux États-Unis de « transformer une relation conflictuelle en un partenariat mutuellement bénéfique ».

Les réactions à Téhéran

Du côté iranien, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, n’a pas encore officiellement commenté les résultats du premier cycle, mais les médias d’État ont souligné que l’Iran avait obtenu des garanties sur le maintien de son programme nucléaire civil. Les habitants de Téhéran, interrogés par des journalistes, se montrent partagés entre espoir de levée des sanctions et méfiance envers les engagements américains.

Prochaines étapes

Aucune date n’a été fixée pour le second cycle de négociations, mais J.D. Vance a laissé entendre que les discussions se poursuivraient « dans les semaines à venir ». Les analystes préviennent que la marge de manœuvre des deux camps reste étroite, alors que le Congrès américain et les alliés européens surveillent de près les termes de l’accord potentiel.