Le vice-président américain JD Vance a assuré aujourd'hui que l'accord de paix conclu avec l'Iran constitue une solution « gagnant-gagnant » pour Washington. « Ayez un peu de foi dans le président des États-Unis. L'idée qu'il va conclure un accord mauvais pour le peuple américain, c'est absurde », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Ce plaidoyer intervient alors que le compromis fait l'objet de vives critiques de la part des faucons du Parti républicain, qui estiment que cet accord efface les gains militaires obtenus lors du conflit.
Un conflit aux conclusions contestées
L'administration Trump justifie la guerre par un succès militaire complet. Selon certains commentateurs conservateurs, les bombardements auraient mis en déroute les programmes conventionnel et nucléaire iraniens. « Le programme de missiles est en ruine, tout comme le programme d'armes nucléaires », a ainsi affirmé l'animateur radio Hugh Hewitt. Toutefois, les informations des services de renseignement américains dressent un tableau bien différent : Téhéran conserverait encore 70 % de ses missiles et de ses lanceurs, et aurait déjà restauré 30 de ses 33 sites de lancement. Le président Trump lui-même a relativisé l'importance de désarmer totalement l'Iran, déclarant : « Ils doivent en avoir un peu, parce que d'autres en ont. »
Un accord qui libère des ressources
L'accord prévoit la levée des décennies de sanctions économiques et le versement de centaines de milliards de dollars de « réparations » à l'Iran. Ces fonds devraient permettre à Téhéran de reconstituer, voire d'accroître, ses capacités militaires. Les experts estiment par ailleurs que si le programme nucléaire iranien a subi des dommages lors d'opérations antérieures, les bombardements les plus récents n'ont eu qu'un effet limité. Les matières nucléaires, enfouies sous terre, demeurent récupérables, et la capacité de l'Iran à menacer le détroit d'Ormuz lui offre une marge de manœuvre pour relancer son programme à long terme.
La stratégie de communication de Trump
Le président Trump a adopté une posture ambiguë. « Si ça marche, je vais en tirer le crédit. Si ça ne marche pas, je m'en prendrai à J.D. », a-t-il confié en affichant un sourire qui, selon des observateurs, n'était pas une plaisanterie. Cette stratégie permet au chef de l'État de revendiquer une victoire tout en désignant son vice-président comme responsable d'un éventuel échec. L'analyse de la presse conservatrice suggère que ce scénario a été orchestré pour préserver l'image du secrétaire d'État Marco Rubio, pressenti comme successeur de Trump, tout en sacrifiant Vance, qui s'était opposé à l'entrée en guerre. « Le vice-président des États-Unis, le négociateur en chef, n'a pas bien servi le président », a regretté le commentateur Ben Shapiro. Sur Fox News, Brian Kilmeade a émis l'hypothèse que Vance, « qui était contre le conflit dès le début, n'était peut-être pas la bonne personne pour y mettre fin ».
Les faucons réduits au silence
Parmi les élus républicains, les voix discordantes se font rares. Le sénateur Lindsey Graham, pourtant connu pour ses positions ultra-fauconnes, avait d'abord exprimé son scepticisme concernant l'accord. Interrogé sur ces réserves, Trump a répondu : « Lindsey est sceptique ? Il va falloir que je parle à Lindsey. Il sera en très mauvaise posture. Lindsey est bien. Lindsey va bien. Il n'est pas sceptique. Il va bien. » Effectivement, Graham a fini par approuver l'accord, le qualifiant d'« essentiel » et de « valable ».
Un pari politique risqué
JD Vance parie que la majorité des républicains adhéreront à sa version des faits, présentant la guerre en Iran comme la dernière victoire de Trump. Mais les critiques persistent au sein même de son camp. Un responsable républicain anonyme, cité par un média d'information, a confié que « les conservateurs au Capitole sont stupéfaits que Vance efface toutes les victoires militaires de Trump avec un si mauvais accord ». Le vice-président continue néanmoins de défendre le compromis, tentant de convaincre que Washington n'a pas cédé.