Un an après avoir confié l’exploitation de la ligne TER Marseille-Nice à Transdev, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche sa satisfaction. Le pari, jugé risqué à l’époque, semble aujourd’hui gagné : l’opérateur privé a transporté cinq millions de voyageurs depuis sa mise en service, un volume qui dépasse les premières estimations. Les témoignages d’usagers recueillis sur place traduisent un accueil très favorable.

« Je pense que ce sont les meilleurs trains », confie une voyageuse régulière, séduite par la régularité des horaires et le confort des rames. Un autre passager, qui emprunte la ligne quotidiennement pour se rendre à son travail, ajoute : « C’est le top, on ne peut plus s’en passer. » Ces retours illustrent le changement de perception par rapport aux inquiétudes qui avaient accompagné l’arrivée du nouvel opérateur.

Un pari initialement contesté

Lorsque la région Sud a annoncé, en juin de l’année précédente, qu’elle confiait à Transdev la desserte TER entre Marseille et Nice, les critiques étaient vives. Des syndicats et des élus locaux prédisaient « le chaos », redoutant une dégradation du service et une rupture dans la continuité des déplacements. La SNCF, jusqu’alors opérateur historique exclusif des TER, voyait son monopole entamé pour la première fois sur une liaison régionale importante.

Pourtant, les chiffres publiés par la région viennent contredire ces pronostics. Le nombre de voyages quotidiens a augmenté, passant à une quinzaine d’aller-retours par jour, avec un train toutes les heures environ. La fréquentation a grimpé régulièrement tout au long de l’année, portée par des prix attractifs : un billet simple coûte à partir de dix euros, ce qui a contribué à attirer une clientèle nouvelle, notamment des jeunes et des actifs.

Une ponctualité en nette amélioration

L’un des points les plus remarqués par les voyageurs est la ponctualité. Selon les données communiquées par la région, le taux de respect des horaires a progressé de plusieurs points par rapport à l’année précédant le changement d’opérateur. Les retards répétés qui affectaient auparavant la ligne sont devenus plus rares, un atout majeur pour les pendulaires.

La région Sud, qui finance et supervise le service, a salué ces résultats. Dans un communiqué, elle a souligné que « la qualité de service s’est nettement améliorée » et que « les investissements dans du matériel roulant neuf ont porté leurs fruits ». Transdev a mis en circulation des rames modernes, équipées de prises électriques, de Wi-Fi et de sièges confortables, répondant à une demande forte des usagers.

Des voyageurs conquis, mais des défis à relever

Interrogés en gare de Marseille-Saint-Charles ou de Nice-Ville, de nombreux passagers disent préférer désormais le train à la voiture. « Avant, je prenais ma voiture tous les jours, c’était l’enfer sur l’autoroute. Maintenant, je lis ou je travaille pendant le trajet », explique un cadre niçois. D’autres saluent la propreté des rames et la fiabilité des annonces sonores.

Toutefois, quelques réserves subsistent. Certains voyageurs souhaiteraient une fréquence encore plus élevée aux heures de pointe, et d’autres signalent des difficultés d’affichage des correspondances. La région a indiqué qu’elle travaillait avec Transdev pour ajuster l’offre en fonction de la demande croissante.

Un précédent pour l’ouverture à la concurrence ferroviaire

Cette expérience marseillo-nicoise est suivie de près par d’autres régions françaises qui envisagent à leur tour d’ouvrir certaines liaisons à la concurrence. Alors que la SNCF conserve la majorité du réseau, des appels d’offres sont en préparation pour d’autres lignes. Le succès de Transdev sur la côte méditerranéenne pourrait faire jurisprudence, même si chaque ligne présente des spécificités.

Pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le bilan est sans appel : en un an, l’expérience a prouvé qu’un opérateur privé pouvait offrir un service de qualité à des prix maîtrisés. Les élus régionaux envisagent désormais d’étendre la concurrence à d’autres axes, tout en maintenant une vigilance sur les tarifs et l’entretien du matériel.