Édouard Philippe, candidat à l'élection présidentielle de 2027, a livré sa feuille de route économique et sociale dans une interview accordée à un quotidien national. Il y définit l'équilibre du système de retraites comme la priorité absolue de son projet, une formule qu'il résume par la métaphore de « la mère de toutes les batailles ». Ce faisant, l'ancien Premier ministre se défend de vouloir imposer aux Français des mesures de « sang et des larmes », expression utilisée par certains de ses détracteurs pour qualifier ses propositions.
Un objectif budgétaire chiffré
L’ancien chef du gouvernement a fixé un objectif de déficit public à 2 % du produit intérieur brut (PIB) à l'horizon 2032. Il confirme qu'il n'envisage pas d'augmenter les impôts pour y parvenir, mais entend plutôt engager des coupes drastiques dans les dépenses de l'État. « Un petit peu de sueur », a-t-il concédé, en réponse à ceux qui dénoncent un programme particulièrement austère, tout en jugeant nécessaire de ne pas promettre uniquement un « chemin de roses » aux électeurs.
La réforme des retraites au cœur du projet
Pour Édouard Philippe, le rééquilibrage du système de retraites est le levier central de son programme économique. Il souhaite remettre sur la table une réforme des retraites, sans pour autant préciser les modalités exactes (âge légal, durée de cotisation, etc.). Cette annonce intervient dans un climat où la Cour des comptes a récemment alerté sur le risque d'« étouffement de la France par la dette », renforçant l’urgence, selon le candidat, de prendre des mesures structurelles.
Un meeting en vue
À cinq jours de son premier grand rassemblement public à Paris, le candidat d’Horizons entend ainsi clarifier sa ligne économique et sociale, en rupture avec une partie de la classe politique qui plaide pour des solutions alternatives, comme la hausse des impôts ou le report de toute réforme sensible. Il a également organisé récemment un apéro géant en visioconférence, une initiative présentée comme une manière de moderniser les méthodes de campagne traditionnelles.
Pas de hausse d'impôts
Édouard Philippe a réaffirmé son opposition à toute augmentation de la fiscalité, estimant que l'assainissement des finances publiques doit passer exclusivement par une maîtrise des dépenses. Cette position le distingue de plusieurs autres prétendants à l’Élysée, qui évoquent des hausses ciblées pour financer leurs projets. Le candidat mise sur la crédibilité budgétaire pour convaincre les électeurs, tout en reconnaissant que le chemin sera exigeant.
Un débat sur l'austérité
La formulation employée par l'ancien Premier ministre – « un petit peu de sueur » – a suscité des réactions contrastées. Ses opposants l'accusent de préparer un plan de rigueur (« du sang et des larmes ») qui pénaliserait les classes populaires et moyennes. Lui-même s'en défend, estimant que le langage de vérité est nécessaire face à la situation des comptes publics. Le débat promet d'être central dans la campagne présidentielle qui s'ouvre.