L'Assemblée nationale a adopté, dans le cadre de la réforme du sport professionnel, des dispositions visant à restreindre la publicité pour les paris sportifs. Les nouveaux textes, qui ciblent notamment le football, prévoient un encadrement plus strict des campagnes promotionnelles des opérateurs de jeux d'argent.
Les députés ont voté en faveur d'une limitation des plages horaires durant lesquelles les publicités pour les paris sportifs peuvent être diffusées. Les spots télévisés et radiophoniques seront désormais interdits aux heures de grande écoute, notamment en journée et en début de soirée, afin de réduire l'exposition des mineurs à ces messages commerciaux. Les annonceurs devront également respecter un nombre maximum de diffusions par jour.
Un volet sur les contrats de sponsoring
La réforme introduit par ailleurs une obligation de transparence pour les contrats de sponsoring entre les clubs sportifs et les opérateurs de paris. Les montants et la durée de ces partenariats devront être rendus publics. Les élus ont également prévu un mécanisme de contrôle renforcé par l'Autorité nationale des jeux (ANJ), qui pourra désormais sanctionner plus sévèrement les manquements aux règles publicitaires.
Les mesures adoptées s'inscrivent dans le cadre plus large de la réforme du sport professionnel, qui vise à moraliser les pratiques et à mieux protéger les jeunes publics. Le gouvernement a soutenu le texte, estimant qu'il répond à un impératif de santé publique face à la banalisation des paris sportifs chez les plus jeunes.
Réactions des acteurs du secteur
Plusieurs clubs de football professionnel ont fait part de leurs réserves, craignant une diminution de leurs recettes provenant des partenariats avec les opérateurs. Les représentants du secteur des jeux en ligne ont également exprimé leur inquiétude, jugeant que la régulation pourrait fragiliser un marché qui contribue à financer le sport amateur via les prélèvements obligatoires.
En revanche, les associations de lutte contre l'addiction ont salué une avancée significative. Elles considèrent que l'encadrement publicitaire constitue une étape nécessaire pour prévenir les comportements à risque, en particulier chez les adolescents.
Prochaines étapes
Le texte doit désormais être examiné par le Sénat, où des amendements pourraient encore être introduits. Les discussions entre les deux chambres s'annoncent serrées, les sénateurs étant traditionnellement plus réticents à restreindre la liberté commerciale des opérateurs. Le gouvernement a appelé à une adoption définitive avant la fin de la session parlementaire.