Steve Clarke ne sera plus le sélectionneur de l’Écosse. Le technicien de 62 ans a présenté sa démission samedi, au lendemain de l’élimination officielle de son équipe de la Coupe du monde 2026. Une décision attendue tant la déception était grande après un troisième échec consécutif au premier tour d’un grand tournoi.

Le « différent » Clarke n’a pas tenu sa promesse

Avant le début du Mondial, Clarke avait déclaré être un « homme différent » par rapport à l’Euro 2024, sous-entendant que son équipe adopterait un style plus entreprenant. « Je suis un homme différent, et j’espère que l’équipe le sera aussi », avait-il glissé. Mais les chiffres ont vite rattrapé la sélection écossaise. Avec un seul but inscrit en trois rencontres – soit le plus faible total de la compétition à égalité avec Curaçao – et une différence de buts de -3, l’Écosse n’a jamais vraiment pesé offensivement. Selon les statistiques d’expected goals, la formation nordique a sous-performé de 1,6 but par rapport à ses occasions créées.

Un parcours en dents de scie

L’Écosse avait pourtant bien débuté son groupe C par une victoire 1-0 contre Haïti, grâce à un but de John McGinn. Mais elle a ensuite chuté lourdement face au Maroc (1-0) avant de subir une défaite cinglante 3-0 contre le Brésil à Miami. Le match face à la Seleçao a tourné court après des erreurs défensives : Scott McKenna s’est fait prendre le ballon par Rayan, Vinícius Júnior a profité d’un mauvais dégagement d’Angus Gunn, puis Nathan Patterson a mal jugé un centre de Bruno Guimarães. Matheus Cunha a alourdi le score en seconde période. « Nous encaissons de mauvais buts à des moments critiques », a regretté John McGinn au micro des médias écossais. « C’est peu probable, mais nous allons attendre », avait-il ajouté à propos d’une éventuelle qualification.

Un espoir réduit à 0,07 %

Avec trois points et une mauvaise goal average, l’Écosse devait espérer que quatre autres groupes produisent des troisièmes moins bien classés. Les calculs d’Opta ont vu leurs chances passer de 42 % après la défaite contre le Brésil à 0,07 % après les résultats défavorables de la dernière journée. L’Afrique du Sud, l’Équateur et la Suède ont tous composté leur ticket avec quatre points, enterrant définitivement les espoirs écossais. Le capitaine Andy Robertson avait exprimé son abattement : « Les prochains jours vont être horribles », avait-il confié.

Une malédiction qui dure

L’Écosse n’a jamais franchi le premier tour d’une Coupe du monde en huit participations, ni celui d’un Championnat d’Europe en quatre tentatives. Depuis l’Euro 2020, les hommes de Clarke ont disputé neuf matchs de phase finale pour un total de quatre buts marqués. Un ratio famélique qui contraste avec l’enthousiasme du Tartan Army, présent en nombre aux États-Unis. « Les supporters ont été les meilleurs, a écrit le journaliste sportif Tom English. Même des dizaines de milliers de fans n’ont pu porter cette équipe. »

Clarke, le bilan mitigé

Nommé en 2019, Steve Clarke restera l’homme qui a mis fin à une disette de 24 ans sans Coupe du monde pour l’Écosse. Il a également qualifié l’équipe pour deux Euros consécutifs, une première depuis les années 1990. Mais son incapacité à faire franchir un cap à son groupe en phase finale a fini par avoir raison de lui. Avant le tournoi, il avait signé une prolongation de contrat de quatre ans, mais la fédération écossaise devrait désormais chercher un nouveau sélectionneur pour préparer les qualifications à l’Euro 2028.

Interrogé après la défaite contre le Brésil, Clarke avait laissé entendre qu’il envisageait déjà la fin de l’aventure : « Je pense qu’on rentre à la maison », avait-il lâché, amer. Moins de 48 heures plus tard, il a officialisé son départ.