Les hostilités ont repris de plus belle entre Washington et Téhéran ce week-end, quelques jours après la conclusion d'un cessez-le-feu fragile. Samedi, l'aviation américaine a visé des « infrastructures de surveillance militaires iraniennes, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne, des installations de stockage de drones et des moyens de pose de mines », selon le Commandement central des États-Unis (Centcom). Ces bombardements ont été présentés comme une riposte à une attaque par drone iranien contre un pétrolier battant pavillon panaméen, le M/T Kiku, qui transportait plus de deux millions de barils de pétrole brut à travers le détroit d'Ormuz.

Dimanche à l'aube, les Gardiens de la Révolution, force idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir lancé des missiles et des drones en direction du Koweït et du Bahreïn. Dans un communiqué, ils affirment avoir « détruit huit infrastructures importantes de l'armée américaine sur la base Ali al-Salem au Koweït et à la base de la Cinquième flotte navale à Port Salman au Bahreïn ».

Menace présidentielle et regain de tensions

Le président américain Donald Trump a immédiatement réagi sur son réseau Truth Social, accusant l'Iran d'avoir « violé, ENCORE UNE FOIS, l'accord de cessez-le-feu ! ». Il a averti que les États-Unis pourraient être « contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée », ajoutant que « si cela se produit, la République islamique d'Iran cessera d'exister ! ».

Ces nouvelles frappes interviennent alors que le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran pendant la guerre déclenchée en février, avait été rouvert en vertu du protocole d'accord du 17 juin. Mais Téhéran n'autorise qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire ne s'y conformant pas.

Autre foyer : le Liban

Sur l'autre front, le chef du Hezbollah pro-iranien, Naïm Qassem, a qualifié samedi de « grave erreur » l'accord-cadre signé la veille entre le Liban et Israël, visant une « paix durable ». Il a jugé ce texte « humiliant, honteux, et représentant un abandon de souveraineté », accusant les autorités libanaises de « légitimer la poursuite de l'occupation » israélienne.

Israël a par ailleurs mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban, faisant un mort selon le ministère libanais de la Santé. L'Agence libanaise d'information ANI a rapporté qu'un avion de chasse israélien avait bombardé les abords d'une localité.

Ces développements montrent que la trêve signée moins de deux semaines plus tôt est extrêmement fragile. Les deux camps s'accusent mutuellement de violations, et la menace iranienne d'un « péage » au détroit d'Ormuz – consistant à contrôler le passage des navires – pèse toujours sur l'économie mondiale.