Refoulement à l’aéroport Ben Gourion
Alice Froussard, journaliste française spécialiste de la Cisjordanie et de la colonisation israélienne, travaillant pour Radio France et Radio France Internationale (RFI), a été refoulée à son arrivée à l’aéroport Ben Gourion, près de Tel-Aviv, le mercredi 10 juin 2026. Après avoir été retenue plusieurs heures sur place, elle s’est vue notifier une interdiction d’entrée sur le territoire israélien.
Accusations de soutien au Hamas
Dans un communiqué, le ministre israélien d’extrême droite Amichaï Chikli a affirmé que la journaliste serait accusée d’avoir manifesté son soutien au Hamas. La radio publique française a immédiatement contesté ces allégations, dénonçant une « grave atteinte à la liberté de la presse » et qualifiant les accusations d’« infondées ».
Réaction de la diplomatie française
Le ministère français des Affaires étrangères a exprimé sa « très vive préoccupation » face à cette mesure, évoquant une « atteinte inacceptable à la liberté de la presse et au travail des journalistes ». Paris a demandé des éclaircissements aux autorités israéliennes sur les motifs précis de cette interdiction et rappelé l’importance du respect de la liberté d’informer.
Contexte et précédents
Ce refoulement s’inscrit dans un climat de tensions récurrentes entre Israël et les médias étrangers. Plusieurs journalistes internationaux, notamment des correspondants basés dans les territoires palestiniens, se sont vu refuser l’accès à Israël ces dernières années. Alice Froussard couvrait depuis plusieurs années la situation en Cisjordanie et les implantations israéliennes pour les antennes de Radio France et de RFI.
Soutien de la profession
Des organisations de défense de la liberté de la presse ont également condamné cette interdiction, y voyant une entrave au droit du public à l’information. La direction de Radio France a indiqué qu’elle apportait tout son soutien à sa collaboratrice et qu’elle suivait de près l’évolution de la situation avec l’appui des services consulaires français.
Absence de justification officielle détaillée
À ce stade, les autorités israéliennes n’ont pas communiqué de preuves étayant leurs accusations. La journaliste, qui devait initialement séjourner plusieurs semaines en Israël et dans les territoires palestiniens pour un reportage, a dû rentrer en France. L’affaire pourrait alimenter les tensions diplomatiques entre Paris et Tel-Aviv, déjà mises à l’épreuve par des désaccords sur la politique israélienne dans les territoires occupés.