Les autorités israéliennes ont interdit l'entrée sur leur territoire à la journaliste française Alice Froussard, qui devait couvrir la région pour le compte de Radio France et de Radio France Internationale (RFI). La décision a été signifiée à l'intéressée jeudi 11 juin, alors qu'elle se présentait à un point de passage frontalier, vraisemblablement à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv.
Selon des sources officielles, le refus d'accès est motivé par une accusation portée par le ministre israélien de la diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme. Ce dernier a explicitement reproché à la journaliste un « soutien au Hamas », le mouvement islamiste palestinien que l'État hébreu, ainsi que de nombreux pays occidentaux, classent comme organisation terroriste.
Alice Froussard couvre depuis plusieurs années le conflit israélo-palestinien et la situation au Proche-Orient pour les antennes françaises. Son interdiction d'entrée a suscité une condamnation immédiate de la part de Radio France Internationale. La direction de RFI a dénoncé ce qu'elle qualifie « d'entrave à la liberté de la presse », estimant que la mesure constitue un obstacle au travail d'information des journalistes dans la région.
Contexte de fortes tensions médiatiques
Cet incident s'inscrit dans un climat de tensions récurrentes entre les autorités israéliennes et certains médias internationaux. Ces dernières années, plusieurs journalistes étrangers se sont vu refuser l'accès au territoire israélien ou ont été menacés de retrait de leur accréditation, au motif que leur couverture serait jugée trop critique vis-à-vis de la politique du gouvernement de Benjamin Netanyahu ou trop favorable aux récits palestiniens.
Le gouvernement israélien justifie généralement ces restrictions par des impératifs de sécurité nationale, mais les organisations de défense de la presse, comme Reporters sans frontières (RSF), y voient une méthode de pression visant à limiter le regard extérieur sur la situation dans les Territoires occupés et à Gaza.
Une réaction diplomatique attendue
Pour l'heure, ni le ministère français des Affaires étrangères ni l'Élysée n'ont officiellement commenté cette interdiction. Il est probable que Paris engage des éclaircissements auprès des autorités israéliennes, d'autant que la journaliste concernée travaille pour des médias de service public français.
Alice Froussard n'a pas encore fait de déclaration publique personnelle. Ses employeurs ont indiqué qu'ils étudient les voies de recours possibles, y compris un recours auprès des autorités israéliennes pour contester la décision ou pour obtenir des précisions sur les faits précis qui lui sont reprochés.
Cette affaire relance le débat sur les conditions d'exercice du journalisme dans une zone où l'information est hautement politisée, et où l'accréditation des correspondants étrangers peut être utilisée comme un levier diplomatique ou coercitif.