Sir Keir Starmer a vécu un moment d'émotion rare ce mercredi à la Chambre des communes, où il a participé à sa dernière séance de questions au Premier ministre avant de quitter ses fonctions. À l'issue de cinquante minutes d'échanges marqués par une tonalité inhabituellement apaisée, le dirigeant travailliste a obtenu une ovation debout de la part de ses collègues, mais aussi de nombreux élus de l'opposition.

Le chef du gouvernement, contraint d'abandonner le pouvoir après deux ans seulement à la tête du pays, a déclaré aux parlementaires que cette séance constituait la « fin de mon parcours politique » et s'est dit « fier de tout ce que j'ai accompli ». Plusieurs de ses plus proches alliés semblaient au bord des larmes, à l'image de la chancelière de l'Échiquier Rachel Reeves, qui se tenait à ses côtés sur le banc du gouvernement. La députée travailliste Carolyn Harris, visiblement submergée par l'émotion, a confié à l'assemblée que « chaque jour, nous voyons sa droiture et son courage rayonner ».

Des adieux empreints de courtoisie

Contrairement à l'atmosphère conflictuelle qui prévaut habituellement lors de cet exercice hebdomadaire, la séance a fait la part belle aux hommages et aux anecdotes. La cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch, s'est abstenue de critiquer le bilan de son adversaire, lui préférant des éloges pour son action en faveur de l'Ukraine et son amitié avec le président Volodymyr Zelensky. Elle a toutefois lancé quelques piques à l'adresse du futur Premier ministre, le maire du Grand Manchester Andy Burnham, qui n'assistait pas à la séance – il n'a participé à aucune séance de questions au Premier ministre depuis son retour au Parlement le mois dernier.

Le dirigeant des Libéraux-démocrates, Sir Ed Davey, a salué en Keir Starmer un homme ayant travaillé « avec des personnes de tous bords à la Chambre des communes » et l'a qualifié de « véritable patriote ». Cet esprit de courtoisie a été relevé par la députée travailliste Melanie Onn, qui a appelé ses collègues à persévérer dans cette voie.

Un message personnel et politique

Dans son intervention conclusive, Keir Starmer s'est adressé directement à plusieurs invités placés dans les tribunes, notamment des militants et des citoyens rencontrés durant son mandat. « À tous ceux qui se trouvent dans la galerie et dont la vie a été changée ou améliorée par ce gouvernement travailliste, et à tous ceux, dans le pays, qui luttent pour être vus ou entendus, vous êtes la raison pour laquelle je me suis engagé en politique », a-t-il déclaré avant de conclure sur une note intime : « À ma femme et à mes enfants, je vous aime. Adieu. »

Une fois ses derniers mots prononcés, plusieurs députés se sont levés pour l'applaudir pendant qu'il se dirigeait vers le président de la Chambre, Lindsay Hoyle, pour lui serrer la main. Sa famille suivait la scène depuis les tribunes. La séance avait débuté sur un ton plus grave, le Premier ministre sortant ayant tenu à rendre hommage à l'ancienne députée Ann Widdecombe et à dénoncer le meurtre, durant son mandat, de trois parlementaires en exercice ou anciens.

Passation de pouvoir imminente

Keir Starmer doit officiellement remettre les rênes du gouvernement à Andy Burnham lundi 20 juillet. L'ancien maire du Grand Manchester sera confirmé dans ses fonctions de chef du Parti travailliste lors d'un congrès extraordinaire prévu ce vendredi. Son premier face-à-face avec les députés lors des questions au Premier ministre n'interviendra qu'après la pause estivale du Parlement.

Avant la séance, le Premier ministre sortant avait présidé son dernier conseil des ministres, réunissant son équipe gouvernementale pour une ultime fois. Les dernières semaines ont été marquées par des tensions internes au sein du Labour, aboutissant au départ forcé de celui qui avait pourtant remporté une victoire écrasante aux élections générales de 2024.