La jeune entreprise tricolore Kyber, pilotée par Jean-Baptiste Kempf, a officialisé une opération de financement d'un montant de 5 millions de dollars. Ces fonds doivent permettre à la société de concevoir ce qu'elle présente comme l'infrastructure en temps réel dédiée à la « Physical AI », un domaine en pleine expansion qui vise à doter les machines et les robots d'une capacité d'apprentissage et de décision autonome dans l'environnement matériel.

Un enjeu de traitement instantané des données

Contrairement à l'intelligence artificielle générative, qui fonctionne principalement sur des serveurs distants et des bases de données textuelles ou visuelles, l'IA physique doit intégrer des capteurs, des actionneurs et des flux de données extrêmement rapides issus du monde réel. Kyber ambitionne de créer une couche logicielle et matérielle capable d'absorber, d'analyser et de réagir à ces informations en un temps infime, condition sine qua non pour des applications comme la robotique autonome, les véhicules sans conducteur ou les systèmes de production industrielle intelligents.

Un marché en pleine ébullition

Cette levée de fonds intervient dans un contexte d'investissements massifs dans les technologies d'IA embarquée et de périphérie. De nombreux acteurs technologiques mondiaux accélèrent leurs développements dans ce secteur. Avec cette somme, Kyber entend recruter des ingénieurs et accélérer le déploiement de sa solution auprès de premiers clients industriels. Jean-Baptiste Kempf, connu par ailleurs pour son rôle central dans le développement du lecteur multimédia libre VLC, applique à cette nouvelle aventure une philosophie mêlant performance technique et approche ouverte.

Des applications concrètes multiples

L'infrastructure développée par Kyber pourrait servir de base à des systèmes de maintenance prédictive, à des chaînes d'assemblage pilotées par l'IA, ou encore à des dispositifs de navigation autonome. L'enjeu est de taille : passer d'une IA qui raisonne sur des représentations du monde à une IA qui agit directement sur lui. Le pari de Kyber est de fournir le « système nerveux numérique » de cette nouvelle génération de machines.