L'annonce d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran, officialisée lundi 15 juin par un haut responsable américain, a provoqué une onde de choc au sein de la classe politique israélienne. Le président Donald Trump, le vice-président J. D. Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Ghalibaf ont paraphé le document, qui doit être formellement approuvé par les deux parties vendredi 19 juin à Genève. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a précisé que la signature ouvrirait une période de soixante jours de négociations en vue d'un accord définitif.

Netanyahou dénonce une « erreur historique »

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a exprimé pour la première fois sa position sur cet accord lors d'une allocution télévisée. Il a vivement critiqué l'initiative américaine, la qualifiant de « capitulation » face à ce qu'il a décrit comme « le régime le plus dangereux du Moyen-Orient ». Selon lui, la guerre menée par Israël contre l'Iran a permis d'écarter la menace d'une « destruction nucléaire » et a sauvé l'État hébreu. « Céder aujourd'hui, c'est trahir le sacrifice de nos soldats », a-t-il martelé, tout en assurant que son gouvernement ne se considère pas lié par un accord qu'il juge « illégitime et dangereux pour la sécurité régionale ».

Fronde au sein du gouvernement israélien

Plusieurs ministres de la coalition ont emboîté le pas au chef du gouvernement. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a affirmé qu'Israël ne retirera pas ses forces des zones de sécurité établies au Liban, contrairement à ce que pourrait prévoir le cadre de négociations. Des déclarations qui interviennent alors que l'armée israélienne a mené de nouveaux bombardements dimanche sur la banlieue sud de Beyrouth. Le président français Emmanuel Macron, en marge de l'ouverture du sommet du G7 à Évian, a jugé « indispensable » l'instauration d'un « cessez-le-feu robuste et durable » au Liban, soulignant l'urgence d'une désescalade.

Un accord scellé dans la discrétion

L'accord signé lundi prévoit une trêve immédiate et l'engagement des deux parties à entamer des pourparlers substantiels dans les deux mois. Le choix de Genève comme lieu de ratification souligne le rôle de médiateur joué par la Suisse dans ce dossier. Si les termes précis du protocole n'ont pas été rendus publics, plusieurs sources diplomatiques évoquent un gel temporaire des activités d'enrichissement d'uranium iranien en échange d'un allègement partiel des sanctions économiques.

Tensions croissantes au Liban

La question libanaise occupe une place centrale dans les discussions. L'accord prévoirait implicitement un arrêt des hostilités entre Israël et le Hezbollah. Cependant, les frappes récentes de l'armée israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, fief du mouvement chiite, compliquent la mise en œuvre de cette trêve. Le gouvernement israélien considère la présence de ses troupes au sud du Liban comme une condition non négociable de toute négociation future.

Réactions internationales partagées

Sur la scène internationale, l'annonce suscite des réactions contrastées. Plusieurs capitales européennes ont salué la perspective d'une désescalade tout en appelant à la prudence. La Russie et la Chine, par la voix de leurs représentants, ont exprimé leur soutien à toute initiative visant à stabiliser la région. En revanche, les monarchies du Golfe, Arabie saoudite en tête, observent avec méfiance une normalisation qui pourrait renforcer l'influence régionale de Téhéran.

La position de l'Iran

Téhéran, par l'intermédiaire de Mohammad Ghalibaf, a présenté l'accord comme une « victoire diplomatique » et un « tournant dans les relations avec l'Occident ». Le régime iranien insiste sur le fait que les négociations à venir devront porter sur l'ensemble des contentieux bilatéraux, y compris les programmes balistiques et les questions de sécurité régionale.

Quelles perspectives pour Israël ?

Alors que la signature officielle approche, le gouvernement israélien se retrouve isolé dans son opposition frontale. Washington, principal allié de Tel-Aviv, semble déterminé à poursuivre la voie diplomatique engagée. L'administration Trump a d'ores et déjà prévenu que tout acte de sabotage israélien contre l'accord serait considéré comme « inacceptable ». La marge de manœuvre de Netanyahou apparaît donc limitée, même si son cabinet a promis de « prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la sécurité nationale ».