L’Union européenne a officiellement ouvert, ce dimanche 14 juin, les négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie. Une première réunion intergouvernementale s’est tenue à Luxembourg, lançant concrètement la phase d’examen des acquis communautaires par les deux pays candidates. Cette avancée majeure intervient après la levée du veto hongrois, qui bloquait jusqu’alors l’ouverture des discussions.
Un processus long et exigeant
La procédure d’adhésion à l’UE est réputée pour sa rigueur et sa durée. Elle impose aux postulants de transposer l’intégralité du droit européen dans leur législation nationale, couvrant des domaines aussi variés que la justice, l’économie, l’agriculture ou l’environnement. Pour l’Ukraine et la Moldavie, le chemin vers une éventuelle adhésion pourrait prendre plusieurs années, voire plus d’une décennie. Les réformes structurelles attendues sont considérables, en particulier dans les domaines de l’état de droit et de la lutte contre la corruption.
Un message politique fort
Les dirigeants européens ont salué l’événement comme un signal politique puissant adressé à ces deux pays, confrontés à des défis sécuritaires et économiques majeurs. Le président du Conseil européen, António Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont salué « la détermination, le courage et le travail acharné dont ont fait preuve les deux pays ». Selon eux, cette ouverture des négociations constitue une reconnaissance des efforts accomplis et un encouragement à poursuivre les réformes.
La Hongrie lève son opposition
La levée du veto hongrois a été déterminante pour débloquer la situation. Budapest, qui avait longtemps exprimé des réserves sur le processus d’élargissement, a finalement accepté de ne pas faire obstacle à l’ouverture des négociations. Les conditions précises de cet accord n’ont pas été rendues publiques, mais des diplomates évoquent des engagements sur le financement de l’UE et des garanties concernant la minorité hongroise en Ukraine.
Un contexte historique
L’Ukraine a déposé sa candidature à l’UE en février 2022, quelques jours après le début de l’invasion russe. La Moldavie, voisine et également confrontée à des pressions russes, a suivi la même voie en mars 2022. Les deux pays ont obtenu le statut de candidat en juin 2022, puis l’ouverture des négociations d’adhésion a été approuvée en décembre 2023. Les pourparlers proprement dits avaient toutefois été retardés par des blocages politiques, notamment la levée du veto hongrois.
Prochaines étapes
Le processus qui s’ouvre ce dimanche est structuré en plusieurs chapitres thématiques. L’Ukraine et la Moldavie devront d’abord démontrer leur capacité à aligner leur législation sur les standards européens. Les premières évaluations pourraient intervenir dans les mois à venir. Parallèlement, les discussions sur les aspects budgétaires et institutionnels de l’élargissement se poursuivent au sein des instances européennes.