L'Union européenne a officiellement validé la reprise des négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie, une décision annoncée vendredi après la levée du veto que la Hongrie imposait depuis plusieurs années. Les discussions doivent débuter lundi à Luxembourg, marquant une étape concrète dans le processus d'élargissement du bloc.
Un accord unanime des Vingt-Sept
Les représentants des vingt-sept États membres, réunis à Bruxelles, ont approuvé à l'unanimité l'ouverture du premier chapitre des négociations, celui consacré aux « fondamentaux ». Cette section couvre les principes essentiels que les pays candidats devront respecter, notamment en matière d'État de droit et de respect des règles communes.
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont conjointement salué cette avancée. « Tous les États membres ont accepté d'ouvrir le premier groupe de négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie », ont-ils déclaré dans un message commun publié sur les réseaux sociaux, qualifiant cette étape de « reconnaissance de la détermination, du courage et du travail acharné dont ces deux pays ont fait preuve pour mener des réformes, même face à des défis immenses ». Ils ont ajouté : « L'élargissement est un choix stratégique. Dans un monde marqué par une incertitude croissante, une Union européenne plus grande est dans notre intérêt commun. »
La fin du blocage hongrois
Ce feu vert a été rendu possible par la décision du nouveau gouvernement hongrois, dirigé par le Premier ministre Peter Magyar, de lever le veto imposé par son prédécesseur, Viktor Orban, lors des élections d'avril. Ce dernier s'opposait fermement à l'avancée du processus d'adhésion de l'Ukraine, en raison de liens étroits avec la Russie et d'un différend bilatéral concernant les droits de la minorité hongroise en Ukraine.
Peter Magyar a conclu un accord avec Kiev sur cette question des droits linguistiques et culturels de la communauté hongroise d'Ukraine, un point de tension récurrent entre les deux pays voisins. Toutefois, le nouveau dirigeant a précisé que son gouvernement ne soutenait pas une procédure accélérée pour l'Ukraine. Il a également annoncé que Budapest organiserait un référendum sur l'adhésion ukrainienne, si Kiev parvenait à « clore les 33 chapitres d'adhésion dans les dix à quinze prochaines années ».
Un signal politique fort
Les négociations formelles d'adhésion avec Kiev avaient été ouvertes en juin 2024, un geste largement symbolique destiné à manifester le soutien de l'UE à l'Ukraine après l'invasion russe de février 2022. Le processus, complexe et généralement long, implique des discussions sur l'ensemble des politiques européennes, de l'agriculture à la justice.
Avec cette nouvelle étape, l'UE réaffirme son engagement envers l'Ukraine et la Moldavie, deux ex-républiques soviétiques qui considèrent l'adhésion comme une garantie supplémentaire de sécurité face aux ambitions de Moscou. Les discussions doivent commencer lundi par l'examen du chapitre des « fondamentaux ».