Le département de l'Intérieur états-unien a officialisé, mercredi 17 juin, un accord avec le développeur énergétique Invenergy portant sur le dédommagement de 765 millions de dollars. En contrepartie, la société renonce à quatre baux d'exploitation de parcs éoliens offshore situés dans la zone du New York Bight, au large de la côte centrale de la Californie et dans le golfe du Maine. Selon les termes de l'entente, Invenergy abandonne volontairement ces concessions en eaux fédérales, que l'entreprise avait acquises pour environ 800 millions de dollars sous la précédente administration Biden, avant d'y ajouter des dépenses de développement.
Cet accord constitue le troisième du genre conclu par le gouvernement Trump depuis le mois de mars. Les transactions précédentes concernaient notamment le groupe énergétique français TotalEnergies, qui avait accepté de renoncer à ses projets éoliens au large de la Californie, du New Jersey, de New York et de la Caroline du Nord en échange d'investissements dans des infrastructures fossiles. Au total, l'administration a déjà engagé environ 2,5 milliards de dollars pour obtenir la résiliation de ces concessions éoliennes en mer.
Réinvestissement dans les énergies fossiles
Invenergy a indiqué que les 765 millions de dollars perçus seraient réinvestis dans la construction d'au moins cinq nouvelles centrales électriques au gaz naturel dans le Midwest, ainsi que dans des projets géothermiques dans l'Ouest des États-Unis. La société, premier développeur privé de projets énergétiques du pays, possède un portefeuille varié incluant des installations solaires, éoliennes, des batteries de stockage et des centrales à gaz.
Les quatre concessions abandonnées en étaient à un stade précoce de développement et avaient peu de chances d'aboutir sous la présidence de Donald Trump, qui a gelé l'ensemble des autorisations fédérales pour l'éolien offshore. Le plus vaste de ces baux, situé dans le New York Bight entre le New Jersey et Long Island, couvrait près de 84 000 acres et avait été adjugé lors d'une enchère en 2022.
Contestations judiciaires
L'utilisation de fonds publics pour inciter des entreprises à renoncer à des projets d'énergies renouvelables suscite des controverses. Sept États contrôlés par les démocrates, dont l'État de New York, ont déjà intenté une action en justice contre l'administration Trump à propos de l'accord conclu avec TotalEnergies. La stratégie gouvernementale consiste à remplacer les parcs éoliens par des projets fossiles, alors que le président Trump a qualifié les éoliennes de « laides » et « inefficaces ».
Par ailleurs, le Pentagone s'est également efforcé de bloquer les autorisations de parcs éoliens terrestres, tandis que des juges fédéraux ont annulé l'an dernier les ordres d'arrêt des travaux visant cinq parcs éoliens déjà en construction au large de la côte Est. Ces décisions judiciaires n'ont cependant pas empêché l'exécutif de poursuivre sa politique de rachat des concessions.
Un tournant énergétique contesté
Cet accord avec Invenergy illustre la volonté de l'administration Trump de favoriser les hydrocarbures au détriment de l'éolien offshore, une source d'énergie dont l'impact climatique est nettement moindre. Alors que les partisans des énergies propres dénoncent une entrave à la transition énergétique et un gaspillage d'argent public, le gouvernement justifie sa démarche par la nécessité de renforcer la sécurité énergétique et de faire baisser les prix de l'électricité. L'issue des procédures judiciaires en cours déterminera si cette politique pourra se poursuivre sans heurts.