L’Agence fédérale de l’aviation américaine (F.A.A.) a ouvert une enquête après un incident survenu à l’aéroport international Logan de Boston, où deux avions se sont dangereusement rapprochés. Les faits se sont produits samedi aux alentours de 11 h 30, lorsque le vol 2351 de Delta Air Lines, en provenance de Dallas, a dû remettre les gaz alors qu’il s’apprêtait à se poser sur une piste qui en croisait une autre, occupée par un appareil en train de décoller. La F.A.A. a qualifié l’épisode de « quasi-collision » et a précisé que les informations dont elle dispose demeurent préliminaires.
Selon les données de suivi aérien, les deux aéronefs ne se trouvaient qu’à quelques centaines de pieds de distance au moment où le pilote de Delta a exécuté la manœuvre d’évitement, une procédure standard appelée « remise des gaz » ou « go-around ». L’avion de la compagnie American Airlines, identifié comme le vol 3161 à destination de Charlotte (Caroline du Nord), poursuivait son décollage. Delta a indiqué que l’équipage de conduite avait reçu une alerte de son système de bord signalant un trafic potentiel alors que l’appareil amorçait sa descente. Les pilotes ont alors coordonné avec le contrôle aérien pour interrompre l’atterrissage. L’Airbus A319, qui transportait 129 passagers et six membres d’équipage, s’est posé sans encombre environ dix minutes plus tard. Les passagers ont débarqué normalement, a fait savoir un porte-parole de la compagnie. American Airlines, sollicitée pour un commentaire, s’est contentée de renvoyer vers la déclaration de la F.A.A.
Un contexte de préoccupations récurrentes
Cet incident s’inscrit dans une série de rapprochements inquiétants dans le ciel américain. En avril dernier, un avion régional d’American Airlines s’était dangereusement approché d’un appareil d’Air Canada après avoir interrompu son atterrissage à l’aéroport Kennedy de New York, selon la F.A.A. Le même mois, l’agence avait également ouvert une enquête après qu’un contrôleur aérien a, par inadvertance, dirigé un vol de Southwest Airlines vers la trajectoire d’un autre appareil en partance à Nashville. Les deux avions s’étaient alors retrouvés à environ 500 pieds de distance verticale, les pilotes ayant réagi aux alertes de collision de bord.
Selon les experts, la multiplication de ces quasi-collisions est aggravée par une pénurie nationale de contrôleurs aériens. Une enquête menée en 2023 avait déjà révélé que de tels incidents se produisent plusieurs fois par semaine, une fréquence bien supérieure à ce qui était connu jusque-là. La F.A.A. n’a pas encore identifié les causes précises de l’incident de Boston ni désigné l’autre appareil impliqué, mais elle a réaffirmé que l’examen des faits se poursuit.