Un scrutin au résultat disputé
Le second tour de l'élection présidentielle colombienne s'est soldé par un écart très serré entre les deux candidats. Selon les données fournies par l'office national du registre, Abelardo de la Espriella, candidat d'extrême droite, a obtenu 49,66 % des voix, contre 48,70 % pour son adversaire de gauche Ivan Cepeda. Les résultats portent sur 99,96 % des bulletins dépouillés. Abelardo de la Espriella a revendiqué la victoire dès la publication des premiers chiffres, mais son rival n'a pas reconnu sa défaite.
Le président sortant Gustavo Petro, qui était en fonction à l'issue de son mandat, a pris la parole sur les réseaux sociaux pour tempérer les annonces. Il a déclaré qu'« aucun candidat ne peut être déclaré président » et que le décompte des voix devra déterminer le futur chef de l'État, précisant qu'il s'en remettra à la décision des juges. Il a également appelé au calme, décrivant une « nation divisée en deux » et dénonçant des « ingérences étrangères » qui, selon lui, « privent le pays de sa liberté ».
Un appel de Donald Trump revendiqué
Abelardo de la Espriella a affirmé avoir reçu un appel téléphonique du président américain Donald Trump, lequel lui aurait exprimé son soutien et reconnu sa victoire. Le candidat a déclaré : « Je viens de parler il y a quelques minutes avec le président des États-Unis, le président Donald Trump, et il a exprimé son soutien, sa reconnaissance de notre victoire. »
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a également confirmé avoir appelé Abelardo de la Espriella pour le féliciter pour sa victoire électorale. Sur le réseau social X, Marco Rubio a écrit que l'administration Trump se réjouit de collaborer avec la future administration colombienne pour renforcer la coopération régionale en matière de sécurité, mettre fin à l'immigration illégale vers les États-Unis et consolider les liens économiques. Il a conclu que « les meilleurs jours de la Colombie sont devant elle ».
Un candidat présenté comme un défenseur de la lutte contre la criminalité
Abelardo de la Espriella a construit son image de campagne autour de la lutte contre la criminalité, se posant en homme fort capable de rétablir l'ordre. Ce profil lui a valu le soutien affiché de l'administration américaine, mais aussi des critiques de la part de ses opposants, qui redoutent un virage autoritaire et un durcissement des politiques sécuritaires.
La réaction du camp perdant
En l'absence de concession de la part d'Ivan Cepeda, la situation reste incertaine. Le candidat de gauche n'a pas encore fait de déclaration publique sur les résultats. Ses soutiens pourraient contester le scrutin devant les instances judiciaires, ce qui laisse planer un risque de prolongement de la crise politique.
Contexte et enjeux
Cette élection présidentielle se déroule dans un climat de profonde polarisation politique. Le mandat de Gustavo Petro, premier président de gauche de l'histoire récente de la Colombie, a été marqué par des réformes sociales controversées et une gestion sécuritaire mise en cause par la droite. Le résultat du scrutin reflète une société colombienne divisée, où les électeurs ont dû choisir entre deux visions radicalement opposées.
Prochaines étapes
Le dépouillement final et l'éventuelle validation des résultats par les autorités électorales seront déterminants. Si la justice confirme la victoire d'Abelardo de la Espriella, celui-ci devrait prendre ses fonctions dans les semaines à venir, avec un programme axé sur la sécurité et le rapprochement avec Washington. En cas de contestation, la Colombie pourrait connaître des semaines de tensions politiques.