Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré avoir inspecté dimanche, depuis un hélicoptère, le bassin du Lincoln Memorial à Washington, et a assuré que les travaux de réparation débuteraient « immédiatement ». Selon lui, l'ouvrage historique aurait subi des actes de vandalisme, dont une entaille de 250 pieds (environ 76 mètres) infligée à sa façade à l'aide d'une lame. Le chef de l'État s'est exprimé sur son réseau social après avoir survolé le site alors qu'il revenait de sa résidence de Camp David, dans le Maryland, sans s'y poser.

L'annonce présidentielle intervient alors que la procureure fédérale du district de Columbia, Jeanine Pirro, a promis de poursuivre avec la plus grande rigueur toute personne impliquée dans la détérioration du bassin. « Quiconque sera en position de vandaliser ou de tenter de vandaliser fera face au système de justice pénale de DC », a-t-elle déclaré.

Arrestations et signalements

Selon un haut responsable de l'administration Trump, cinq individus ont été appréhendés samedi soir pour vandalisme et cinq autres ont reçu des contraventions de la part des forces de l'ordre. Un total de quatorze plaintes aurait été enregistré, selon la même source. La police des parcs des États-Unis, agence fédérale en charge de la surveillance des monuments du National Mall, n'a pas confirmé ces chiffres dans l'immédiat.

La défense de Davey Hearn

Cette série d'arrestations fait suite à celle de David « Davey » Hearn, ancien champion olympique de canoë, interpellé vendredi et accusé d'avoir vandalisé le bassin. L'athlète conteste fermement les faits. Interrogé, il a assuré n'avoir « ni détruit, déchiré, arraché, pelé ni enlevé aucune partie » de la peinture. Selon lui, « l'état du bassin n'a pas changé. Il était le même avant que je n'arrive que lorsque je suis parti ». Il a qualifié son arrestation de « poursuite arbitraire et capricieuse ».

Les problèmes récurrents du bassin

Le bassin du Lincoln Memorial, long de 619 mètres et construit dans les années 1920, a fait l'objet d'une rénovation estimée à 13 millions de dollars. Malgré une nouvelle couche de peinture bleue, il continue de souffrir de fuites, de dégradations structurelles et surtout de prolifération d'algues. La couleur verte de l'eau a déjà suscité l'attention des médias et des visiteurs. Des morceaux de la nouvelle peinture se décollent également du fond du bassin.

Une professeure d'écologie aquatique de l'université George Mason, Rosalina Stancheva Christova, a prélevé un échantillon d'eau le 16 juin et identifié l'algue responsable comme étant du genre Desmodesmus, qu'elle décrit comme « absolument inoffensive » pour les humains et les animaux. Elle a toutefois mis en garde contre la possibilité que des oiseaux venant dans le bassin introduisent d'autres variétés d'algues porteuses de bactéries nocives. « Ces écosystèmes sont très dynamiques, et la composition des algues change très rapidement », a-t-elle expliqué, recommandant une surveillance constante.

Par ailleurs, un photographe de presse a observé samedi un caneton mort flottant dans le bassin. La cause de sa mort n'a pas été déterminée, et il n'est pas établi qu'elle soit liée aux traitements chimiques employés pour lutter contre les algues, comme l'eau oxygénée.

Un contexte politico-judiciaire tendu

Les accusations de vandalisme et les arrestations surviennent à l'approche du 250e anniversaire de la fête de l'Indépendance américaine, le 4 juillet. Donald Trump avait déjà mis en cause des vandales dans la dégradation de ce monument emblématique. La procureure Pirro a réitéré sa détermination à traduire en justice les responsables présumés, renforçant le climat d'attention autour de ce site.

Alors que les autorités fédérales intensifient leurs opérations, la défense de Davey Hearn laisse entrevoir une bataille judiciaire autour de la qualification des actes reprochés et de l'état réel du bassin avant et après son passage.