Le mystère entourant la mort d'Anastasia Berezovska, la femme soupçonnée d'avoir commandité un attentat contre la principauté de Monaco, s'épaissit. L'un des deux suspects arrêtés à Kyiv pour son meurtre est revenu sur ses premières déclarations, accusant désormais son complice présumé d'être le véritable auteur du crime. Il affirme en outre avoir été recruté par le Service de sécurité d'Ukraine (SBU).
Un revirement judiciaire décisif
Convoqué devant un tribunal de Kyiv ce jeudi, un suspect encagoulé a déclaré qu'il n'avait pas tué Anastasia Berezovska, contrairement à ce qu'il avait initialement admis. « Je n'ai pas participé au meurtre », a-t-il notamment affirmé, selon des propos rapportés depuis la salle d'audience. Il a désigné son co-accusé comme le tireur, ajoutant que ce dernier a pris la fuite après les faits. Les deux hommes avaient été interpellés ensemble quelques heures après le décès de la jeune femme, survenu le 6 juillet dans un quartier résidentiel de la capitale ukrainienne.
Des liens présumés avec les services spéciaux
Lors de cette même audience, le suspect a affirmé que le SBU était impliqué dans ce dossier. Il aurait été approché et rémunéré par cette institution pour mener à bien l'élimination de la suspecte. Si ces accusations sont confirmées, elles marqueraient un tournant dans une enquête déjà très sensible, mêlant terrorisme international, services de renseignement et assassinat ciblé sur le sol ukrainien.
Une victime au centre d'une enquête tentaculaire
Anastasia Berezovska, 27 ans, était activement recherchée par les autorités monégasques après la découverte d'une voiture piégée dans le centre de Monaco, le 28 juin dernier. L'engin, contenant plusieurs bouteilles de gaz reliées à un détonateur, avait été désamorcé in extremis par les forces de l'ordre. La jeune femme, d'origine ukrainienne, était considérée comme la commanditaire présumée de cet attentat avorté. Son décès par balles, quelques jours plus tard, dans la rue à Kyiv, a immédiatement relancé les spéculations sur d'éventuelles complicités au sein de l'appareil d'État ukrainien.
Des zones d'ombre persistantes
Les autorités ukrainiennes n'ont pas encore officiellement commenté les accusations de lien avec le SBU. L'enquête se poursuit pour déterminer si le suspect qui se rétracte dit vrai, ou s'il tente simplement de se soustraire à sa responsabilité. La justice devra également faire la lumière sur l'éventuelle implication des services spéciaux dans ce dossier, qui pourrait compromettre les relations entre Kyiv et Monaco, mais aussi avec ses partenaires européens.
Une affaire aux répercussions internationales
Au-delà de l'enquête criminelle, cette affaire soulève des questions sur la lutte antiterroriste et la coopération entre États. La mort d'Anastasia Berezovska a privé la justice monégasque de sa principale suspecte, tandis que les révélations sur les services de sécurité ukrainiens jettent un trouble sur la gestion de ce dossier par les autorités de Kyiv. La communauté internationale suit de près les développements de cette enquête, qui mêle les plus hautes sphères du renseignement à un projet d'attentat d'une rare violence.