L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a officiellement adressé une mise en demeure à Radio France, ce jeudi 11 juin, pour avoir accordé une part jugée insuffisante du temps de parole au Rassemblement national (RN) durant la journée, sur les antennes du groupe public.
Selon les données collectées par l'Arcom, entre le 1er janvier et le 31 mars 2026, près de 60 % des interventions des représentants du RN sur France Inter ont été diffusées entre minuit et 5 heures 59 du matin. Sur Franceinfo, ce chiffre dépasse les 70 %. L'institution a estimé que ces proportions constituaient un « manquement aux règles du pluralisme politique », rappelant que la période concernée incluait la campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars.
La réaction de Radio France : une « erreur technique »
Contacté, un porte-parole de Radio France a expliqué que cette sous-représentation était la conséquence d'un changement de logiciel intervenu en janvier dernier. « Le nouveau système de comptabilisation des temps de parole ne faisait pas la distinction entre les horaires de jour et de nuit », a-t-il précisé, ajoutant que « l'erreur est corrigée ». La direction du groupe public assure donc qu'il ne s'agit pas d'une volonté délibérée, mais d'un dysfonctionnement informatique désormais résolu.
La réaction politique de Marine Le Pen
La cheffe de file du RN, Marine Le Pen, a immédiatement réagi sur le réseau social X. « Ce comportement n'est plus supportable ! », a-t-elle écrit, dénonçant ce qu'elle perçoit comme une défiance persistante des médias publics envers son parti. Cette déclaration survient dans un climat de tensions récurrentes autour du traitement médiatique des formations politiques, notamment en période électorale.
Contexte et implications
Cette mise en demeure intervient alors que le pluralisme politique dans les médias audiovisuels fait l'objet d'une attention renforcée. L'Arcom veille à ce que chaque courant de pensée bénéficie d'une représentation équitable, proportionnée à son poids électoral et à son actualité. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions allant jusqu'à des amendes ou des suspensions de diffusion.
Radio France dispose d'un délai pour répondre à la mise en demeure et présenter ses observations. L'affaire pourrait raviver le débat sur l'équilibre des temps de parole dans le service public audiovisuel, régulièrement critiqué à la fois par la droite et par l'extrême droite pour un supposé biais en faveur de la gauche. Le RN avait déjà saisi le Conseil d'État en 2025 sur des questions similaires.
Pour l'heure, le groupe public maintient sa version d'une panne technique et attend les suites de la procédure.