Moins d'une semaine après le verdict, des voix s'élèvent au Royaume-Uni pour contester la sévérité de la peine infligée à Paul Quinn, l'auteur du viol d'une femme à Salford en 2003. La condamnation de Quinn, intervenue à l'issue d'une enquête ayant conduit à l'une des plus grandes erreurs judiciaires du pays, suscite une vive controverse.
Andrew Malkinson, âgé de 60 ans, avait été condamné à tort pour ce même viol et a passé dix-sept années en détention avant que sa condamnation ne soit annulée en 2023. Il a exprimé son indignation, estimant que le coupable « s'en est tiré à si bon compte ». La sentence prononcée à l'encontre de Paul Quinn prévoit une période minimale de sûreté de quatorze ans, ce qui signifie qu'il pourrait potentiellement passer moins de temps derrière les barreaux que Malkinson, qui a pourtant été reconnu innocent.
Saisine du procureur général
Yasmin Qureshi, députée travailliste, a officiellement saisi le procureur général, Richard Hermer, pour obtenir un réexamen de la décision judiciaire. Dans la lettre qu'elle lui a adressée, elle estime que la peine est « induement clémente ». La parlementaire a souligné que cette condamnation « était censée tourner la page sur l'une des plus graves erreurs judiciaires que ce pays ait jamais connues ». Elle a ajouté qu'un innocent a passé dix-sept années de sa vie en prison pour un crime qu'il n'avait pas commis.
Le procureur général dispose de la prérogative de déférer une affaire devant une cour d'appel s'il juge que la sanction prononcée est trop indulgente. Cette procédure pourrait donc conduire à un alourdissement de la peine si la demande aboutit.
Un contexte judiciaire particulièrement sensible
L'affaire prend une dimension particulière en raison du lourd passif judiciaire qu'elle comporte. La condamnation d'Andrew Malkinson, innocenté après près de deux décennies d'incarcération, a profondément ébranlé la confiance dans le système de justice pénale britannique. L'identification de Paul Quinn, qui avait échappé aux poursuites pendant près de vingt ans, avait initialement été saluée comme une victoire pour la justice.
La sentence prononcée la semaine dernière par le tribunal a cependant ravivé les critiques. La possibilité que l'auteur véritable bénéficie d'une peine plus courte que celle purgée par la victime d'une erreur judiciaire est perçue par les associations de défense des victimes comme une nouvelle double peine pour Malkinson.
L'issue de la demande de réexamen est désormais attendue. Si le procureur général accepte de saisir la cour d'appel, celle-ci pourrait réévaluer la durée de la peine et potentiellement l'alourdir.