L’inflation américaine a atteint 4,2% en rythme annuel en mai, son plus haut niveau depuis avril 2023, selon les données publiées mercredi par le Bureau of Labor Statistics. Il s’agit du troisième mois de hausse consécutive, après des taux de 3,3% en mars et 3,8% en avril. Avant le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, l’inflation s’établissait à 2,4% en février.
L’énergie, principal moteur de la hausse
Les prix de l’énergie ont été le principal facteur de l’augmentation de l’indice des prix à la consommation (CPI), représentant environ 60% de la hausse mensuelle totale. Si les prix à la pompe sont légèrement inférieurs à ceux du mois précédent, ils restent environ un dollar par gallon plus élevés qu’il y a un an. D’autres postes de dépenses essentielles – alimentation, services énergétiques et habillement – ont également augmenté. Hors énergie et alimentation, l’inflation sous-jacente (core CPI) a progressé de 2,9% sur un an.
Un niveau encore inférieur aux pics de 2022
Bien que l’inflation ait franchi pour la première fois le seuil des 4% depuis trois ans, elle demeure nettement inférieure aux sommets de 9% enregistrés en 2022, après le choc énergétique lié à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La hausse actuelle est directement liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, conséquence du conflit au Moyen-Orient, qui perturbe l’approvisionnement pétrolier mondial.
Des conséquences pour les ménages et la politique monétaire
La hausse des prix pèse sur le pouvoir d’achat des Américains, alors que l’économie montre par ailleurs des signes de résilience sur le marché de l’emploi. Cette accélération de l’inflation renforce la probabilité que la Réserve fédérale américaine (Fed) relève ses taux d’intérêt pour freiner la demande et juguler la hausse des prix. Les marchés financiers suivent de près l’évolution du CPI, qui conditionne les futures décisions monétaires.
Un contexte géopolitique tendu
Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui a débuté en mars, a provoqué une flambée des prix du pétrole brut et des carburants, répercutée sur l’ensemble de la chaîne de production et de consommation. Les économistes estiment que tant que la situation géopolitique restera instable, les pressions inflationnistes pourraient perdurer, maintenant l’inflation au-dessus de l’objectif de 2% fixé par la Fed.