L'Irak accélère les préparatifs en vue d'une hausse significative de ses ventes de brut. Dans le sillage de l'accord entre les États-Unis et l'Iran, le gouvernement irakien a demandé aux opérateurs de ses gisements d'accroître leur rendement, selon des sources proches du dossier. Cette décision intervient alors que la réouverture prochaine du détroit d'Ormuz est attendue, ce qui devrait rétablir des flux d'exportation normalisés pour les pays riverains du Golfe.

Parallèlement, Bagdad a intensifié ses discussions avec l'Organisation des pays exportateurs de pétrole pour obtenir l'autorisation d'augmenter son plafond de production. Les responsables irakiens estiment que le pays dispose d'une capacité de production inexploitée et souhaitent pouvoir la valoriser dès que les voies maritimes seront dégagées. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part considérable du pétrole mondial, a été perturbé ces derniers mois par les tensions régionales.

Un enjeu stratégique pour l'économie irakienne

Pour l'Irak, deuxième producteur de l'OPEP après l'Arabie saoudite, chaque baril supplémentaire compte. Les recettes pétrolières représentent l'essentiel des revenus de l'État, et toute hausse des exportations permettrait de renflouer les caisses après une période de restrictions liées aux quotas. Selon des responsables, le pays souhaite être en mesure de pomper bien au-delà de son quota actuel dès que les conditions le permettront.

La réouverture d'Ormuz est conditionnée à la mise en œuvre de l'accord américano-iranien, dont les détails restent à finaliser. Bagdad, qui entretient des liens étroits avec Téhéran comme avec Washington, se positionne pour tirer profit de toute détente régionale.

Des tensions avec l'OPEP en vue

La demande irakienne risque de raviver les débats au sein du cartel pétrolier. Certains membres, notamment l'Arabie saoudite, pourraient craindre qu'un relèvement des quotas ne pèse sur les cours mondiaux déjà volatils. L'Irak a déjà dépassé à plusieurs reprises ses engagements par le passé, ce qui avait provoqué des frictions. Officiellement, Bagdad assure vouloir respecter les règles collectives tout en plaidant pour une révision de sa part de marché.

Les marchés pétroliers suivent ces évolutions de près. Le brut a récemment retrouvé des niveaux proches de ceux d'avant la crise régionale, signe que les investisseurs anticipent un retour progressif de l'offre. La décision irakienne, si elle est entérinée par l'OPEP, pourrait contribuer à détendre encore les prix à moyen terme.

Une capacité de production à augmenter

Le gouvernement irakien a communiqué aux compagnies exploitant ses gisements l'ordre de se préparer à monter en puissance. Plusieurs champs du sud du pays, notamment autour de Bassorah, disposent d'infrastructures capables de produire davantage. Les travaux de maintenance et de raccordement ont été accélérés ces dernières semaines.

Reste à savoir quand le détroit d'Ormuz sera effectivement rouvert à la navigation normale. Les négociations entre Washington et Téhéran progressent, mais aucun calendrier précis n'a été officiellement communiqué. En attendant, l'Irak met à profit ce répit pour se tenir prêt à exporter le maximum de barils dès la levée des entraves.