Trois accords conclus, quatre en préparation
L'Ukraine a franchi une nouvelle étape dans sa diplomatie de défense en signant le 7 juillet des accords de coopération sur les drones militaires avec le Danemark, l'Estonie et les Pays-Bas. Le président Volodymyr Zelensky a fait cette annonce en marge du sommet de l'Otan qui se tient à Ankara. Kiev dispose désormais de neuf accords de ce type.
Parallèlement, des négociations sont en cours avec l'Allemagne, la Finlande, la Norvège et le Canada. L'Ukraine espère parvenir à un accord avec ces quatre pays d'ici la fin de l'année, ce qui porterait à sept le nombre de partenaires au sein de l'Alliance atlantique ayant accès à son expertise acquise sur le champ de bataille.
Un mécanisme d'achat direct d'armements ukrainiens
Ces accords s'inscrivent dans le cadre d'un mécanisme lancé début juillet par Kiev. Celui-ci permet aux pays signataires d'acheter des armes et des technologies ukrainiennes et de travailler directement avec les fabricants ukrainiens, selon les précisions fournies par la présidence ukrainienne.
Le ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, avait toutefois prévenu que ces exportations ne seraient possibles que si l'approvisionnement de l'armée ukrainienne était garanti. L'Ukraine, bien que dépendante de ses alliés pour de nombreux armements, a développé une industrie de drones très sophistiquée depuis l'invasion russe de février 2022.
Un accès aux technologies testées en conditions réelles
En annonçant l'accord avec le Danemark, Volodymyr Zelensky a souligné qu'il « ouvre de plus grandes possibilités pour la production conjointe de défense, l'échange d'expertise et la transparence des exportations d'armes ». Il a rappelé que le Danemark avait été le premier pays à proposer une production conjointe en Ukraine, et qu'« il est tout à fait juste que le Danemark ait désormais accès aux exportations ukrainiennes d'armes testées en temps de guerre ».
L'Ukraine, qui ne disposait que d'une expertise limitée dans le domaine des drones avant l'invasion, a bâti une capacité de production reconnue. Ces accords permettent à ses partenaires de bénéficier d'un retour d'expérience unique, issu de plus de quatre années de conflit.
Corruption présumée dans l'achat de drones
Alors que Kiev cherche à renforcer sa défense aérienne face aux frappes russes, une ombre plane sur le secteur. Le parquet ukrainien a annoncé le 7 juillet l'ouverture d'une enquête pour détournement de fonds portant sur environ 7 milliards de hryvnias, soit environ 137 millions d'euros, dans le cadre de la fourniture de drones aux forces armées.
Selon les autorités judiciaires, l'enquête examine une hypothèse selon laquelle le coût des drones aurait été artificiellement gonflé par les entreprises ayant remporté des marchés avec le ministère de la Défense. Cette affaire intervient alors que le gouvernement ukrainien multiplie les efforts pour lutter contre la corruption, une condition essentielle pour l'intégration euro-atlantique.
Une présence revendiquée au sommet de l'Otan
À l'issue de la première journée du sommet d'Ankara, Volodymyr Zelensky a posté sur les réseaux sociaux un message dans lequel il affirme que l'Ukraine « a pleinement sa place ici » et répète que l'objectif principal de Kiev lors de cette réunion est d'obtenir davantage de défense aérienne et des positions diplomatiques plus fortes. Il a également rencontré le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, pour aborder ces questions.
Ces annonces interviennent dans un contexte de poursuite des frappes russes. La veille du sommet, des missiles et drones russes avaient tué au moins 24 personnes à Kiev, renforçant l'urgence pour l'Ukraine d'obtenir des systèmes de défense supplémentaires. Les accords sur les drones, conclus avec ses partenaires les plus proches, illustrent la volonté de Kiev de transformer son expérience de combat en levier diplomatique et industriel.