Un secteur en pleine effervescence

Longtemps cantonnée aux gadgets, la « beauty tech », fusion de la cosmétique et des technologies de pointe, s'impose désormais comme un axe stratégique pour les leaders du secteur. À l'occasion du salon VivaTech qui se tient porte de Versailles à Paris, les initiatives se multiplient et attirent un public nombreux, preuve de l'engouement pour ces innovations.

L'une des vitrines les plus frappantes est celle du géant français L'Oréal. Le groupe y présente le « K-scan », un petit appareil destiné à scanner le cuir chevelu. Son intelligence artificielle, entraînée sur quelque 12 000 images de cheveux, analyse l'état des cheveux et peut notamment prédire les risques de chute. Ce dispositif est développé sous la marque Kérastase.

Non loin de là, Lancôme – autre marque phare de L'Oréal – expose le « cell bioprint ». Cet appareil, dont le lancement commercial est prévu pour l'été 2026, promet de déterminer l'âge biologique de la peau à partir d'un simple prélèvement en surface, orientant ensuite le client vers les soins adaptés.

Des partenariats avec OpenAI

Mais la beauty tech ne se limite pas au matériel. L'Oréal a également officialisé un partenariat avec OpenAI, la société derrière ChatGPT. Selon les annonces faites à VivaTech, les clients pourront bientôt tester crèmes et fards à paupières directement via le chatbot. En téléversant une photo ou une vidéo de leur visage, les produits seront appliqués virtuellement sur la peau, simulant le résultat avant l'achat. Cette fonctionnalité devrait être disponible à la fin de l'été aux États-Unis, avant un déploiement mondial progressif en fonction des résultats.

Diagnostics et recherche accélérée

Au-delà de l'expérience client, l'intelligence artificielle transforme également les outils professionnels. Des diagnostics de peau et de cheveux, toujours plus précis, permettent aux conseillers en magasin d'affiner leurs recommandations, ce qui, selon le groupe, stimule les ventes.

En amont, l'IA accélère la recherche et le développement. Elle aide les scientifiques à identifier de nouvelles molécules et principes actifs, réduisant ainsi les délais de conception de nouveaux soins. Matthieu Cassier, directeur de la transformation et du digital à la Recherche de L'Oréal, souligne que ces technologies permettent d'imaginer des routines beauté ultra-personnalisées.

Un phénomène encore naissant mais prometteur

Si la beauty tech n'est pas le secteur le plus représenté à VivaTech – loin derrière la robotique ou les innovations deeptech –, elle suscite un intérêt croissant, comme en témoignent les files d'attente devant les stands dédiés. Entre l'analyse capillaire, le ciblage des besoins cutanés et la recommandation assistée par IA, la frontière entre beauté et technologie semble chaque jour plus ténue. Pour les consommateurs, cette révolution se traduit par des conseils plus précis et une expérience d'achat enrichie, tandis que les marques y voient un levier de fidélisation et de croissance.