La guerre au Moyen-Orient n'a pas provoqué de choc énergétique majeur pour la Chine, qui a au contraire réduit ses importations de pétrole de manière significative, contribuant à l'équilibre des marchés mondiaux. Selon des estimations de la société d'analyse Kpler, les achats chinois de brut sont tombés à moins de 7 millions de barils par jour en mai 2026, contre près de 11 millions avant le déclenchement du conflit.
Cette baisse a été rendue possible par la capacité de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis à évacuer leur production via des oléoducs contournant le détroit d'Ormuz, principale voie de transit du pétrole du Golfe. Sans cette réduction de la demande chinoise, les prix auraient probablement grimpé bien plus haut, dépassant les records observés au début de la guerre en Ukraine.
Un rééquilibrage mondial
La diminution des importations chinoises a agi comme un régulateur involontaire sur le marché pétrolier. Alors que les tensions régionales menaçaient de perturber l'offre, la baisse de la consommation en Chine a absorbé une partie du choc. Les analystes notent que cette situation a modéré la flambée des cours, qui n'ont pas atteint les sommets redoutés.
Une semaine après la signature de l'accord entre les États-Unis et l'Iran, qui a rouvert plus largement le détroit d'Ormuz à la navigation, les prix du baril sont redescendus à leur niveau d'avant-guerre. Les marchés attendent désormais de voir si la Chine va reprendre ses achats massifs de brut.
Des perspectives incertaines
La question demeure de savoir si Pékin reviendra à son niveau d'avant-conflit. La Chine pourrait avoir atteint un pic de consommation de pétrole, comme le suggère le titre d'une analyse publiée fin juin. Plusieurs facteurs structurels plaident en faveur d'une demande durablement plus faible : le ralentissement économique, la montée en puissance des véhicules électriques et la transition énergétique.
Toutefois, la baisse des prix pourrait inciter les raffineurs chinois à reconstituer leurs stocks et à augmenter leurs achats. Les décisions du gouvernement chinois, très attentif à la sécurité énergétique, seront déterminantes dans les semaines à venir. En attendant, le pays a prouvé sa capacité à s'adapter à un environnement géopolitique tendu sans subir de choc énergétique majeur.