L'escalade militaire entre Washington et Téhéran a franchi un nouveau palier, samedi 28 juin, au 121e jour du conflit. L'armée américaine a mené une nouvelle salve de bombardements contre plusieurs localités iraniennes riveraines du détroit d'Ormuz, tandis que l'Iran a riposté en visant des installations militaires américaines dans deux États du Golfe. La Maison-Blanche a prévenu qu'elle pourrait être contrainte d'« achever le travail » si les attaques iraniennes se poursuivaient.

Frappes américaines sur trois sites côtiers

Selon les informations recueillies sur place, les bombardements américains ont ciblé les villes de Sirik et de Bandar-e Lengeh, ainsi que l'île de Qeshm, trois zones stratégiques situées sur la façade méridionale de l'Iran, face au détroit d'Ormuz. Ces frappes interviennent au lendemain d'une attaque de drone contre un navire commercial au large du même détroit, imputée par Washington à Téhéran. Le Pentagone n'a pas communiqué le bilan précis de ces frappes, mais des sources locales évoquent des dégâts matériels importants sans faire état de victimes.

L'Iran frappe les bases américaines au Koweït et à Bahreïn

En réponse, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir lancé des missiles balistiques et des drones contre la base aérienne américaine d'Ali Al Salem, située au Koweït, ainsi que contre le quartier général de la Cinquième Flotte américaine, à Bahreïn. « Ces opérations visent à riposter aux agressions américaines contre cinq positions côtières en Iran », a déclaré un porte-parole du CGRI, sans préciser les dégâts infligés. Un responsable américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a indiqué qu'aucune perte humaine ni dommage majeur n'avait été signalé côté américain pour le moment.

Les monarchies du Golfe en alerte

À Bahreïn, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti, et les autorités ont exhorté la population à se rendre dans le lieu sûr le plus proche. Le Koweït a annoncé que ses défenses aériennes étaient en train de répondre à des « menaces hostiles de missiles et de drones ». Plusieurs capitales de la région ont immédiatement condamné l'attaque iranienne contre Bahreïn. Mascate a fait part de sa « pleine solidarité » avec le royaume, et Doha, Koweït City et Abou Dhabi ont également exprimé leur rejet de toute action menaçant la sécurité régionale.

Washington hausse le ton

De son côté, la Maison-Blanche a durci le ton. Le président Donald Trump a prévenu que Washington pourrait être forcé d'« achever le travail » si Téhéran persistait dans ses attaques, une expression qui laisse craindre une escalade militaire de grande ampleur. Un ancien officier de marine américain, Harlan Ullman, a jugé que la surenchère d'attaques en représailles risquait de « déraper ». Il a ajouté qu'une flambée des prix du pétrole pourrait inciter Donald Trump à revenir à la table des négociations.

Sur le plan politique intérieur, le représentant démocrate Ro Khanna a vertement critiqué les frappes américaines, les qualifiant de « violation flagrante » de la résolution sur les pouvoirs de guerre adoptée par le Congrès. « Trump doit arrêter cette guerre maintenant, ou nous l'emmènerons devant les tribunaux », a-t-il lancé.

Regard sur le détroit d'Ormuz

Pour les analystes, le détroit d'Ormuz reste un point de friction central. Un analyste politique basé à Téhéran, Abas Aslani, a souligné que l'Iran considère cette voie maritime comme un levier de dissuasion contre de futures attaques américaines. « Toute tentative de modifier la situation par la force est inacceptable pour Téhéran », a-t-il expliqué, renforçant l'idée que le détroit pourrait devenir le théâtre d'affrontements réguliers.

Contexte régional élargi

Alors que les regards sont braqués sur le Golfe, Israël a également mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban, faisant au moins un mort, au lendemain d'un accord-cadre avec le gouvernement libanais visant à mettre fin aux hostilités. Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué cet accord comme un revers pour l'Iran, illustrant l'imbrication des conflits dans la région.

L'ONU et plusieurs puissances internationales ont appelé à une désescalade immédiate, mais pour l'heure, les deux camps campent sur leurs positions, laissant planer le spectre d'un embrasement généralisé autour du détroit d'Ormuz et au-delà.