La Chine a franchi une étape capitale dans sa conquête spatiale en parvenant, pour la première fois, à récupérer le premier étage de l’une de ses fusées orbitales. L’événement, survenu le 10 juillet 2026, concerne le lanceur Long March 10B, dont le booster est redescendu contrôlé avant d’être capturé par un filet géant, selon des images diffusées par la télévision d’État chinoise.

Une prouesse technique longtemps convoitée

La réutilisabilité des lanceurs est devenue un enjeu central dans l’industrie spatiale, car elle permet de réduire considérablement les coûts de mise en orbite. Jusqu’à présent, seules deux sociétés avaient démontré leur capacité à récupérer un premier étage après un lancement orbital : SpaceX, qui y est parvenu pour la première fois en 2015 avec son Falcon 9, et Blue Origin, qui a réussi des atterrissages contrôlés avec son lanceur New Shepard (bien que ce dernier soit suborbital). La Chine s’efforçait depuis plusieurs années de maîtriser cette technique. Un essai précédent, en décembre 2025, s’était soldé par un échec : le premier étage de la fusée Long March 12A s’était écrasé à environ deux kilomètres de sa zone d’atterrissage prévue.

Un pas de plus vers la Lune

Cette réussite intervient dans le cadre du programme spatial habité chinois, qui vise à poser des astronautes sur la Lune avant la fin des années 2020. La fusée Long March 10B est spécifiquement conçue pour les missions lunaires habitées : elle doit permettre d’envoyer un équipage et un module d’atterrissage vers le satellite naturel de la Terre. La capacité à récupérer et réutiliser le premier étage de ce lanceur est un atout économique et opérationnel considérable, car elle ouvre la voie à des vols plus fréquents et moins coûteux.

Un secteur en pleine accélération

La Chine multiplie les initiatives spatiales depuis le début de la décennie. Elle a déjà achevé la construction de sa station spatiale modulaire Tiangong en 2022, réalisé des missions d’exploration robotique sur la Lune (Chang’e) et sur Mars (Tianwen-1), et prévoit désormais une présence humaine durable sur la Lune. La récupération réussie de la Long March 10B s’inscrit dans cette dynamique. Les ingénieurs chinois ont développé une approche originale, utilisant un filet géant pour capturer le premier étage en vol, contrairement aux techniques d’atterrissage sur jambes employées par SpaceX et Blue Origin.

Des retombées économiques et stratégiques

Au-delà de la démonstration technologique, cette avancée renforce la position de la Chine dans la compétition spatiale internationale. La réduction des coûts de lancement pourrait attirer des clients commerciaux, tandis que la maîtrise de la réutilisabilité confère une autonomie stratégique accrue. Les autorités chinoises n’ont pas encore annoncé le calendrier précis des prochains vols habités vers la Lune, mais cette réussite constitue un jalon technique essentiel. Les équipes au sol poursuivent l’analyse des données de vol pour préparer les étapes suivantes, notamment le premier atterrissage lunaire habité, attendu d’ici la fin de la décennie.