L’économie chinoise a enregistré un signal d’alarme inédit en mai : la consommation des ménages, mesurée par les ventes au détail, a chuté de 0,6 % sur un an par rapport à la même période de l’année précédente. Il s’agit de la première contraction de cet indicateur depuis la fin de la pandémie de Covid-19, soulignant les difficultés persistantes de la demande intérieure dans la deuxième économie mondiale.

Cette baisse intervient alors que les autorités chinoises multiplient les mesures de relance pour tenter de soutenir l’activité. Le recul des dépenses des consommateurs contraste avec la vigueur relative du secteur exportateur, qui reste le principal moteur de la croissance. Selon des analystes, cette situation renforce la vulnérabilité de l’économie chinoise face aux tensions commerciales et aux fluctuations de la demande mondiale.

Plusieurs facteurs expliquent cette faiblesse : un marché immobilier toujours en crise, une confiance des ménages érodée par la persistance du chômage chez les jeunes et une inflation modérée qui n’a pas suffi à stimuler les achats. Les données officielles montrent que les secteurs de l’automobile, des biens d’équipement et des services ont particulièrement souffert.

Le gouvernement chinois a réagi en annonçant de nouvelles mesures de soutien à la consommation, notamment des subventions ciblées pour l’achat de véhicules électriques et des aides à la rénovation urbaine. Toutefois, les économistes estiment que ces dispositifs pourraient avoir un effet limité tant que les ménages ne retrouveront pas une confiance durable dans l’économie.

Au niveau international, cette contre-performance chinoise suscite des inquiétudes quant à l’impact sur la croissance mondiale. Le géant asiatique étant l’un des principaux importateurs de matières premières et de biens de consommation, une demande intérieure atone pourrait peser sur les échanges commerciaux mondiaux. Les marchés financiers ont réagi négativement à l’annonce, avec des baisses significatives des indices boursiers asiatiques.

Cette baisse de la consommation en mai n’est pas isolée : les indicateurs de production industrielle et d’investissement ont également montré des signes de ralentissement. La Chine semble ainsi entrer dans une phase de croissance plus modérée, où la relance par les exportations ne suffit plus à compenser le marasme intérieur. Les prochains mois seront cruciaux pour observer si les mesures annoncées par Pékin parviendront à inverser la tendance.