Dans un rapport publié dimanche soir, la Cour des comptes dresse un bilan critique du soutien public à l'informatique quantique en France. L'institution pointe un financement jugé fragile et insuffisant au regard des ambitions affichées et de la concurrence internationale.
Selon le rapport, la France a consacré 1,8 milliard d'euros à cette filière depuis 2021. Ce montant, pourtant conséquent, est jugé trop modeste pour permettre au pays de se maintenir dans la course face à des géants comme les États-Unis ou la Chine. La Cour des comptes exhorte donc le gouvernement à accroître considérablement l'effort financier.
L'institution souligne par ailleurs un manque de coordination entre les différents acteurs publics et privés, ainsi qu'une dispersion des moyens qui nuit à l'efficacité globale. Elle recommande une stratégie plus cohérente et davantage de synergies entre les laboratoires de recherche, les start-up et les grands groupes industriels.
La Cour des comptes appelle également à un investissement accru dans les compétences et la formation, estimant que la France ne forme pas assez de spécialistes du quantique pour répondre aux besoins futurs. Elle suggère de renforcer les filières universitaires et de favoriser l'attractivité des carrières scientifiques dans ce domaine.
Le rapport intervient alors que plusieurs pays, dont les États-Unis et la Chine, ont déjà annoncé des plans d'investissement massifs dans le quantique, avec des budgets qui se comptent en dizaines de milliards de dollars. La France, malgré une place honorable dans la recherche fondamentale, risque de décrocher si elle n'augmente pas rapidement ses moyens.
L'institution insiste aussi sur la nécessité de mieux évaluer les projets financés et d'éviter les doublons. Elle préconise la mise en place d'un pilotage plus resserré des programmes, avec des objectifs chiffrés et des jalons réguliers.
En conclusion, la Cour des comptes juge que le milliard d'euros annoncé pour le quantique ne suffit pas et réclame un effort massif et soutenu dans la durée pour que la France reste compétitive dans cette technologie stratégique.