Soixante ans après le lancement originel de la Dodge Charger aux États-Unis, Stellantis concrétise le retour de la mythique muscle car en Europe. Le constructeur a dévoilé les contours de son offre, qui repose sur deux motorisations distinctes : des blocs thermiques six cylindres et des groupes motopropulseurs 100 % électriques, déclinés chacun en deux niveaux de puissance.
Une gamme construite sur l'architecture STLA Large
La huitième génération du modèle repose sur la plateforme technique STLA Large, conçue pour accueillir des motorisations hybrides et électriques. Du côté des versions essence, la Charger R/T développe 420 chevaux, tandis que la Scat Pack atteint 550 chevaux, toutes deux animées par le six cylindres 3,0 litres biturbo Hurricane Sixpack. En électrique, la Daytona R/T affiche 536 chevaux, et la Daytona Scat Pack culmine à 670 chevaux grâce à deux moteurs. Quelle que soit la motorisation choisie, l'acheteur peut opter pour une carrosserie deux portes ou quatre portes, avec une transmission intégrale montée de série.
Distribution assurée par un importateur spécialisé
Stellantis a confié la commercialisation européenne à KW Automotive, importateur officiel de la marque Dodge sur le continent. Les véhicules seront distribués via un réseau de revendeurs agréés, sans passer par les canaux des autres marques du groupe. Fabio Catone, directeur de Dodge Europe, a justifié cette approche en soulignant que la Charger « a toujours revendiqué sa différence » et que cet état d’esprit inspire son retour sur le Vieux Continent. Les prix européens n’ont pas encore été communiqués par le constructeur.
Des taxes françaises qui pourraient freiner les ventes
L’arrivée des versions thermiques en France se heurte à un obstacle fiscal de taille. Depuis le 1er mars 2025, le malus écologique français plafonne à 70 000 euros pour tout véhicule émettant plus de 193 grammes de CO₂ par kilomètre. Or, des modèles de puissance comparable, comme la Ford Mustang V8, émettent environ 274 g/km, ce qui a conduit Ford à retirer sa sportive du marché français. Chevrolet a également cessé de distribuer la Camaro en Europe pour des raisons similaires. En conséquence, un acheteur français d’une Charger Sixpack devrait acquitter ce surcoût maximal en sus du prix catalogue.
Des marchés européens plus cléments
En Allemagne, en Espagne ou en Pologne, la réglementation est bien différente : aucun malus CO₂ n’est appliqué à l’immatriculation. Dans ces pays, KW Automotive pourra donc proposer les versions Sixpack au prix catalogue, sans surcoût fiscal. Cette disparité pourrait concentrer une part importante des ventes thermiques hors de France, tandis que les déclinaisons électriques Daytona, non soumises au malus, pourraient constituer l’offre principale sur le marché français.
Un accueil américain mitigé pour la version électrique
Aux États-Unis, où la Daytona électrique est commercialisée depuis 2024, les ventes peinent à décoller. Dodge n’a écoulé que 7 421 exemplaires sur l’ensemble de 2025, dont seulement 346 au quatrième trimestre, après la suppression du crédit d’impôt fédéral pour les véhicules électriques. Ce démarrage timide contraste avec l’aura historique de la Charger et pourrait peser sur les ambitions européennes de Stellantis, alors que la concurrence dans le segment des sportives électriques s’intensifie.