La marine française a arraisonné dimanche matin un pétrolier transportant du pétrole russe en infraction avec les sanctions occidentales, dans les eaux internationales de l’océan Atlantique, a annoncé le président Emmanuel Macron lundi 1er juin.

Le navire, identifié sous le nom de « Tagor », a été intercepté à plus de 740 kilomètres à l’ouest de la pointe de la Bretagne, selon le préfet maritime de l’Atlantique. L’opération s’est déroulée avec le concours de plusieurs partenaires, dont le Royaume-Uni.

« Il est inacceptable que des navires contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que la Russie mène contre l’Ukraine depuis plus de quatre ans », a déclaré M. Macron sur les réseaux sociaux.

Vérification du pavillon

L’intervention avait pour objectif de « vérifier la nationalité d’un navire soupçonné de battre un faux pavillon », a précisé la préfecture maritime dans un communiqué. Après l’inspection par l’équipe d’arraisonnement, l’examen des documents a « confirmé les soupçons concernant l’irrégularité du pavillon arboré ».

En conséquence, « conformément au droit international et à la demande du procureur de la République, le navire a été dérouté », a indiqué la même source, sans toutefois nommer le bâtiment.

Cette interception s’inscrit dans une série d’opérations menées par la France ces derniers mois contre des pétroliers suspectés d’appartenir à la « flotte fantôme » russe, qui transporte du brut en contournant les restrictions économiques imposées par l’Union européenne, les États-Unis et leurs alliés.

Précédents judiciaires

En mars dernier, un tribunal français avait condamné par contumace le capitaine d’un autre pétrolier suspecté d’appartenir à cette flotte fantôme à un an d’emprisonnement. Ce capitaine avait refusé d’obtempérer aux ordres de stopper son navire, après que la marine nationale l’eut arraisonné en mer Méditerranée en septembre 2025.

La France et le Royaume-Uni se sont engagés à empêcher le passage par leurs eaux des navires liés à cette flotte sanctionnée. Le Premier ministre britannique Keir Starmer avait annoncé des mesures en ce sens.

Le pétrolier Tagor, qui naviguait depuis la Russie, est désormais sous le contrôle des autorités françaises, qui poursuivent les procédures juridiques en lien avec cette interception.