Le ministère de la Défense britannique a officialisé un changement de cap majeur pour sa flotte de surface : au lieu de remplacer directement les destroyers de type 45 par des navires de type 83, il investira dans au moins six « navires de combat communs » (Common Combat Vessels). Ces bâtiments hybrides, conçus pour coordonner des systèmes sans équipage dans les airs, en surface et sous la mer, doivent offrir une défense aérienne plus résiliente.
Selon le ministère, cette nouvelle approche permettra d'« étendre la portée, la résilience et la puissance de feu de la marine sans augmentation proportionnelle de l'équipage ou du coût ». Ces navires sont présentés comme mieux adaptés au « rythme et à la nature de la guerre moderne » et comme un meilleur investissement qu'« un petit nombre de grands navires coûteux ».
Un plan intégré à la stratégie de défense
Cette décision s'inscrit dans le plan d'investissement de défense (DIP) que le Premier ministre sortant, Sir Keir Starmer, s'est engagé à publier avant le sommet de l'OTAN en Turquie le 7 juillet. Le secrétaire à la Défense, Dan Jarvis, a déclaré que ce nouvel équipement serait « conçu et construit pour les menaces croissantes auxquelles nous sommes confrontés ». Il a ajouté que le DIP « donnerait la priorité à l'obtention du matériel le plus récent » pour les forces en première ligne, y compris « de nouveaux drones de frappe létaux ».
Les nouveaux navires devraient être livrés dans les années 2030 et serviront, selon les autorités, à « contrer l'activité russe dans l'Atlantique Nord et le Grand Nord, protéger les infrastructures sous-marines critiques et renforcer la dissuasion de l'OTAN ». Cette annonce fait suite à l'interception d'un pétrolier de la « flotte fantôme » russe dans la Manche le 14 juin.
Tensions budgétaires et démissions
Le changement de cap intervient après des négociations budgétaires tendues entre le ministère de la Défense, le Trésor et d'autres départements. Ces discussions ont conduit aux démissions de John Healey, alors secrétaire à la Défense, et d'Al Carns, ministre des Forces armées, qui estimaient que le Trésor n'avait pas alloué suffisamment de fonds supplémentaires pour combler les lacunes capacitaires ou suivre le rythme des évolutions de la guerre moderne. Healey a déclaré que Starmer avait été « incapable » et le Trésor « peu disposé » à consacrer les ressources nécessaires. Carns a jugé le projet de DIP « ni assez transformateur ni suffisamment financé ».
Le secrétaire à la Défense de l'ombre, James Cartlidge, a qualifié les plans de « trop peu, trop tard ».
Malgré ces critiques, le ministère assure que le DIP a été « rafraîchi » depuis la démission de Healey, et que Dan Jarvis a obtenu un financement supplémentaire, bien que son montant n'ait pas été précisé. Le programme naval est présenté comme « un investissement unique dans une génération » pour de nouvelles capacités maritimes, qui devrait également fournir du travail aux chantiers navals britanniques. Aucun détail n'a été donné sur l'enveloppe budgétaire allouée au développement de ces navires.