L'une des premières mesures du gouvernement de droite récemment installé en Slovénie, au début du mois de juin, a été de retirer le drapeau arc-en-ciel qui flottait devant le ministère de la Culture. Ce geste symbolique, intervenu alors que se déroulait le mois des fiertés (Pride Month), a marqué un net changement de ton à l'égard de la communauté LGBTQ+ dans le pays.

À Ljubljana, la capitale, comme dans les autres villes slovènes, il n'existe aucun quartier ni même une seule rue qui puisse être considéré comme explicitement « gay-friendly ». Barbara Rajgelj, avocate et copropriétaire d'un bar situé en centre-ville qui organise des événements pour les personnes homosexuelles, constate que les espaces véritablement sûrs se font rares. « Dans le sens de lieux physiques explicitement LGBT-friendly, il n'y en a pas beaucoup », explique-t-elle.

La militante s'inquiète du climat d'intolérance encouragé, selon elle, par les dirigeants politiques. « Les espaces sûrs vont devenir de plus en plus importants, car la violence vient d'en haut, du Parlement, des médias numériques, et jusqu'aux espaces physiques. Je vois que les gens sont de plus en plus courageux pour exprimer explicitement leur haine », affirme-t-elle.

Le mois des fiertés 2026, qui s'est achevé le 30 juin, a été moins festif que les années précédentes. En temps normal, les événements du Pride Month offrent des refuges temporaires et rappellent qu'il existe en Slovénie une communauté LGBTQ+ dynamique, malgré l'absence d'infrastructures dédiées. Mais cette année, la période a été assombrie par l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement. Le slogan du festival de la fierté de Ljubljana, « Democracy in our hands. Hope is our resistance » (La démocratie entre nos mains. L'espoir est notre résistance), illustre le sentiment d'urgence ressenti par les participants.

La Slovénie, qui avait longtemps été considérée comme l'un des pays les plus progressistes d'Europe centrale en matière de droits LGBT+, semble aujourd'hui connaître un recul. Si le pays dispose d'une législation protégeant contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, l'absence d'espaces physiques identifiés et la montée des discours hostiles, y compris au sein des institutions, préoccupent les défenseurs des droits.

La journaliste Barbara Rajgelj résume le paradoxe d'une communauté qui gagne en visibilité mais se heurte à une opposition de plus en plus frontale : « La violence vient d'en haut, du Parlement aux médias numériques, jusqu'aux espaces physiques. »