La préfecture des Côtes-d'Armor a pris un arrêté interdisant une manifestation prévue ce samedi à Bourbriac, en marge d'un événement politique organisé par le Rassemblement national (RN) et l'Union des droites pour la République (UDR).
Le rassemblement contestataire, initié par le « collectif de vigilance antifasciste 22 », devait se dérouler alors que le parti de Marine Le Pen et ses alliés tiennent un « grand banquet breton » dans cette commune des Côtes-d'Armor. Les autorités préfectorales ont justifié cette interdiction par des risques de troubles à l'ordre public.
Le banquet du RN et de l'UDR, qui se tient ce samedi à Bourbriac, s'inscrit dans une série d'initiatives locales du parti d'extrême droite visant à consolider son ancrage territorial en Bretagne. La contre-manifestation, bien que se voulant pacifique selon ses organisateurs, a été jugée de nature à générer des tensions dans le village.
Cette décision préfectorale intervient dans un contexte de multiplication des actions du RN en région, notamment à l'approche des échéances électorales. Le « grand banquet breton » rassemble des élus et des militants du parti, dont certains représentants de l'UDR, la formation pilotée par Éric Ciotti.
Le collectif de vigilance antifasciste 22, à l'origine de la mobilisation avortée, dénonce régulièrement ce qu'il perçoit comme une banalisation des idées d'extrême droite dans l'espace public. Ses membres entendaient exprimer leur opposition à la tenue de ce banquet par une action visible, mais non violente.
Contexte local et précédents
La Bretagne, et plus particulièrement les Côtes-d'Armor, ont connu ces dernières années une progression électorale du RN, qui y réalise des scores significatifs lors des scrutins nationaux. La venue de responsables du parti dans le département est régulièrement accompagnée de contre-mobilisations.
Les autorités préfectorales, en charge du maintien de l'ordre, évaluent au cas par cas les risques de débordements lors de rassemblements politiques ou de contre-manifestations. L'interdiction prononcée cette semaine s'appuie sur le code de la sécurité intérieure, qui permet de prohiber une manifestation lorsque celle-ci est susceptible de provoquer des troubles graves.
Le collectif à l'origine de l'appel au rassemblement n'a pas encore indiqué s'il entendait contester cette interdiction par la voie judiciaire ou s'il renonçait à toute action sur le terrain. De son côté, la préfecture assure que les forces de l'ordre seront mobilisées pour faire respecter l'arrêté.
Réactions politiques
Les élus locaux du RN ont dénoncé cette interdiction, y voyant une entrave à la liberté de réunion et d'expression. À l'inverse, certains responsables de gauche ont salué une mesure de précaution face à ce qu'ils considèrent comme une provocation politique. Le débat reste vif quant à l'équilibre entre le droit de manifester et les impératifs de sécurité publique.
Ce samedi, Bourbriac devrait donc voir se dérouler le seul banquet du RN, sans contre-manifestation autorisée. La préfecture appelle chacun à la responsabilité pour éviter tout incident.