La nouvelle promotion du French Tech Next40/120, dévoilée le 16 juin 2026, marque un changement profond dans la politique de soutien aux jeunes pousses françaises. L'édition 2026 met en avant les entreprises développant des technologies de rupture — intelligence artificielle, calcul quantique, robotique, biotechnologies et industrie — au détriment des traditionnels éditeurs de logiciels. Pour la première fois, le classement ne repose plus uniquement sur les performances financières, mais intègre une évaluation de l'excellence technologique, de l'impact économique, du rayonnement international et de la création d'emplois. Cette évolution résulte de la mise en place d'un comité de sélection spécifique.
Une percée des deeptech et de l'industrie
Les technologies de rupture, ou deeptech, représentent désormais 38 % des entreprises du Next40 et 27 % de l'ensemble du French Tech 120. Parmi les nouveaux entrants figurent des sociétés comme AMI Labs, spécialisée dans l'intelligence artificielle ; Aura Aero, qui développe un avion hybride-électrique ; Pasqal, acteur du calcul quantique ; et Wandercraft, concepteur d'exosquelettes. Le secteur quantique est particulièrement présent, avec des entreprises comme Quobly, également retenue.
L'industrie est au cœur de cette promotion. Vingt-cinq entreprises lauréates disposent de sites de production en France, pour un total de trente-trois sites répartis dans dix régions. Exotec, qui fabrique des robots logistiques à Wasquehal, dans les Hauts-de-France, en est un exemple emblématique. Verkor exploite sa gigafactory de batteries à Dunkerque. D'autres pépites industrielles comme Tissium (biomatériaux) ou Quobly (quantique) illustrent cette montée en puissance d'un écosystème tourné vers la production.
Des résultats économiques solides
Les performances financières globales restent élevées. Le chiffre d'affaires cumulé des entreprises du French Tech 120 atteint 11,3 milliards d'euros, contre 10 milliards l'année précédente. La croissance moyenne s'établit à 31 %. Hors deeptech, 45 % des entreprises du classement sont désormais rentables.
L'emploi suit la même tendance. Les 120 lauréats emploient au total 46 000 personnes en France et à l'international (contre 42 000 en 2025), dont 33 500 sur le territoire français. Le programme d'accompagnement continue donc de générer des créations d'emplois significatives.
Un renouvellement marqué du classement
La promotion 2026 enregistre l'arrivée de plusieurs nouveaux entrants, parmi lesquels AMI Labs, Hublo et Quobly. Ces entreprises rejoignent des acteurs déjà bien établis comme Exotec, Verkor ou Wandercraft. L'accent mis sur les technologies de rupture et l'industrie devrait se renforcer dans les années à venir, selon les observateurs.
Cette nouvelle approche de sélection pourrait modifier en profondeur le profil des futures promotions, favorisant les start-up à fort contenu technologique et à ancrage industriel, plutôt que les modèles purement logiciels.