Le British Museum se trouve au cœur d’une controverse après le report d’une conférence prévue dans le cadre du mois de la culture juive. Le directeur de l’établissement, Nicholas Cullinan, a pris la parole pour défendre cette décision, évoquant des « pressions politiques opposées » qui s’exercent sur les institutions culturelles.

La conférence, qui devait être animée par Paul Collins, conservateur du département Moyen-Orient du musée, portait sur l’Israël et la Judée antiques. Elle a été déprogrammée moins de vingt-quatre heures avant son déroulement, en raison de craintes de perturbations. Selon le musée, des informations crédibles indiquaient qu’entre 25 % et 50 % des personnes ayant réservé des billets comptaient troubler l’événement.

Dans une déclaration publiée sur le site du British Museum, Nicholas Cullinan a affirmé que « la liberté d’expression n’oblige pas les institutions à offrir une tribune aux perturbations ». Il a souligné que le musée devait concilier des obligations contradictoires, notant que des milliers de visiteurs quotidiens ne devaient pas être exposés à des troubles.

Cette annulation a suscité de vives réactions. Des figures politiques, comme la cheffe du Parti conservateur Kemi Badenoch, ont exprimé leur mécontentement. Le député et ancien solliciteur général David Wolfson, ainsi que les historiens Simon Schama et Simon Sebag Montefiore, ont également critiqué la décision.

Un contexte de tensions accrues

Le report de cette conférence intervient dans un climat de sensibilité accrue autour des sujets liés au Proche-Orient. Le British Museum, comme d’autres grandes institutions culturelles britanniques, a dû faire face à des polémiques récurrentes concernant la programmation d’événements touchant à cette région.

La direction du musée justifie son choix par la nécessité de garantir la sécurité et la sérénité des visiteurs. « Nous avons reçu des avertissements sérieux et spécifiques sur le risque de perturbations », a précisé un porte-parole. L’institution affirme avoir agi par précaution, sans vouloir céder à la pression, mais en assumant sa responsabilité envers le public.

Les défis de la programmation culturelle

Cette affaire illustre les dilemmes auxquels sont confrontés les musées et les lieux culturels, tiraillés entre la liberté académique et la crainte de troubles à l’ordre public. Nicholas Cullinan a insisté sur la difficulté de naviguer dans un paysage où les sujets historiques et politiques sont de plus en plus polarisés.

Le British Museum a indiqué qu’il cherchait à reprogrammer la conférence à une date ultérieure, sans préciser quand. En attendant, le débat sur la place de la discussion universitaire dans des contextes politiquement sensibles reste ouvert.