Le British Museum a annoncé le report d’une conférence consacrée aux anciens royaumes d’Israël et de Juda, initialement prévue jeudi dans le cadre du Mois de la culture juive. L’établissement a justifié cette décision en indiquant avoir été informé qu’une proportion significative des personnes inscrites avaient l’intention de perturber délibérément l’événement, empêchant les autres participants d’y assister de bonne foi et de nuire à l’objet même du programme.

Dans un communiqué, le musée a précisé que cette conférence, animée par des membres de son équipe curatoriale senior, était planifiée depuis plusieurs mois. Face à la menace de perturbations, elle sera reprogrammée dans un environnement garantissant la sécurité de l’expérience du public et l’intégrité du contenu présenté. L’institution a assuré qu’elle continuerait à soutenir le Mois de la culture juive. Une porte-parole a refusé de donner davantage de détails, notamment sur le nombre de personnes attendues.

Réactions politiques et associatives

Cette décision a provoqué une onde de choc dans le paysage politique et culturel britannique. La chef des conservateurs, Kemi Badenoch, a vivement critiqué le report, tout comme plusieurs commentateurs et défenseurs de la liberté d’expression. Le Campaign Against Antisemitism a, à l’inverse, estimé que cette décision constituait une « victoire » pour la « foule antisémite », y voyant la preuve que la pression exercée par des activistes hostiles avait conduit à l’annulation d’un événement culturel juif.

Un contexte de tensions croissantes

Cet incident survient dans un climat de recrudescence des crimes racistes et religieux au Royaume-Uni. Pour une partie des quelque 200 000 Juifs du Grand Londres, ce report illustre l’infiltration sournoise de l’antisémitisme dans la sphère publique, renforçant un sentiment croissant d’insécurité. La conférence, qui se tenait dans une institution laïque et n’était pas destinée exclusivement à un public juif, devient ainsi le symbole des difficultés rencontrées par les communautés juives pour organiser des événements culturels sereins.

Le musée, situé dans le centre de Londres, a annoncé que la conférence serait reprogrammée début juin, afin de proposer « un environnement qui protège à la fois l’expérience du public et l’intégrité du programme ». La controverse met en lumière les dilemmes auxquels sont confrontées les institutions culturelles face à des menaces de perturbations émanant de groupes organisés.