Le projet Campus AI, dévoilé en 2025 lors du sommet Choose France, franchit une nouvelle étape. Le consortium formé par Bpifrance, le fonds d’investissement émirati MGX, la start-up française Mistral AI et le géant américain des semi-conducteurs Nvidia a officialisé, le 2 juin 2026, une extension significative de son programme d’usines d’intelligence artificielle. L’objectif initial de 1,4 gigawatt de capacité de calcul est désormais porté à 3 gigawatts, soit plus du double.

Un second site en gestation

Les partenaires ont précisé que cette montée en puissance passe par l’imminente sélection d’une deuxième implantation, qui viendra s’ajouter au campus phare de Fouju, en Seine-et-Marne. Ce nouveau site doit permettre de doubler l’investissement initial du consortium et de ses partenaires. Dans un communiqué commun, Bpifrance, MGX et Mistral AI indiquent que cette extension constitue « la prochaine étape naturelle du développement d’un réseau paneuropéen de premier plan d’usines d’IA, prolongeant le programme au-delà du campus phare de Fouju ».

Le président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué sur son compte LinkedIn un investissement global de 7,5 milliards d’euros pour ce projet, une information qui n’apparaît pas dans le communiqué officiel des partenaires mais qui a été reprise par plusieurs observateurs.

Un calendrier serré

Le premier campus, situé en Île-de-France, doit sortir de terre à Fouju. Les travaux étaient initialement prévus pour démarrer au second semestre 2026, avec une mise en service opérationnelle en 2028. Parallèlement, Mistral AI a déjà ouvert un site de test à Bruyères-le-Châtel, dans l’Essonne, au sud de Paris. Ce site, en cours de test depuis le début de l’année 2026, devrait être « pleinement opérationnel d’ici la fin de l’été », selon des informations communiquées par l’entreprise lors de sa première conférence annuelle.

Des retombées économiques attendues

Le consortium mise sur des effets structurants pour l’économie française. L’expansion du Campus AI devrait, selon ses promoteurs, créer « des milliers d’emplois en France » et soutenir les filières de l’énergie, des batteries, des semi-conducteurs, de l’électronique et d’autres technologies critiques. Le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de souveraineté numérique, en offrant une infrastructure de calcul dédiée aux applications d’intelligence artificielle, y compris générative, pour les entreprises françaises et européennes.

Un contexte d’attractivité renforcée

Cette annonce intervient dans le cadre de l’édition 2026 de Choose France, qui a vu 93 milliards d’euros de projets d’investissement dévoilés, 71 nouveaux engagements et la création annoncée de 15 000 emplois. Le gouvernement met en avant l’attractivité du territoire pour les infrastructures décarbonées, un argument clé pour attirer des projets énergivores comme les data centers dédiés à l’IA.

Des acteurs aux rôles complémentaires

Le consortium réunit des compétences variées : Bpifrance apporte son soutien financier et son expertise en investissement public, MGX représente un partenaire stratégique du Golfe, Mistral AI fournit la connaissance des besoins logiciels et algorithmiques, et Nvidia contribue avec ses technologies de calcul haute performance. La coentreprise initiale, dont les modalités exactes n’ont pas été détaillées, a servi de base à cette expansion.

Reste à connaître l’emplacement exact du second site, qui devrait être révélé dans les semaines à venir. Le consortium n’a pas communiqué sur les critères de sélection, mais les besoins en énergie et en connectivité sont déterminants pour de telles infrastructures.