Alors que les pourparlers entre Washington et Téhéran sur un cessez-le-feu piétinent, le ton monte entre les deux capitales. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé samedi que les États-Unis étaient « tout à fait capables » de relancer une campagne militaire contre l'Iran si nécessaire, en marge du Dialogue de Shangri-La, un forum sur la sécurité qui se tient à Singapour. « Nos stocks sont largement adaptés à cet objectif, tant sur place que dans le reste du monde, compte tenu de la manière dont nous équilibrons des munitions de haute technologie et d'autres produites en plus grande quantité », a-t-il déclaré.

Cette mise en garde intervient au lendemain d'une réunion de deux heures à la Maison Blanche consacrée à un éventuel accord avec l'Iran, qui n'a donné lieu à aucune annonce immédiate. Des sources proches des discussions avaient évoqué plus tôt un cadre prévoyant une extension de 60 jours du cessez-le-feu, mais le président Donald Trump a indiqué vendredi qu'il se prononcerait rapidement sans fournir de calendrier précis. La porte-parole de la présidence a précisé qu'aucun accord ne serait signé sans que les « lignes rouges » fixées par le locataire de la Maison Blanche ne soient respectées.

Réactions hostiles de Téhéran

En Iran, les déclarations américaines suscitent une vive réaction. Les autorités iraniennes accusent Donald Trump de « mentir » sur le dossier nucléaire et sur la situation dans le détroit d'Ormuz. Selon plusieurs responsables, les positions affichées par le président américain ne correspondraient pas à la réalité des discussions en cours. Ces accusations accentuent la défiance entre les deux parties alors que les négociations indirectes peinent à aboutir.

Escalade sur le terrain libanais

Parallèlement, la situation reste tendue à la frontière israélo-libanaise, malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril. L'armée israélienne a signalé samedi que plusieurs projectiles avaient été tirés depuis le Liban en direction du nord d'Israël. La plupart ont été interceptés, mais un impact a été recensé dans la région de Kiryat Shmona, sans faire de blessé. De son côté, le Hezbollah a revendiqué une série d'attaques contre des cibles militaires dans le nord d'Israël.

Dans le sud du Liban, des frappes israéliennes menées vendredi soir sur trois localités de la région de Tyr ont causé la mort de onze personnes, parmi lesquelles un secouriste et un ressortissant syrien, selon le ministère libanais de la Santé. Huit autres personnes ont été blessées, dont un second secouriste. Le ministère a dénoncé une « violation flagrante du droit humanitaire », tandis qu'Israël affirme cibler le Hezbollah.

Discussions militaires entre Israël et le Liban

Dans un contexte de tensions persistantes, des délégations militaires israéliennes et libanaises se sont rencontrées vendredi au Pentagone pour des discussions qualifiées de « constructives » par l'administration américaine. Le numéro deux du Pentagone, Elbridge Colby, a indiqué sur le réseau social X que ces échanges « serviront de base au volet politique mené par le département d’État la semaine prochaine ». Il s'agit des premières discussions de ce type entre les deux pays depuis plusieurs décennies.

Washington a prévu de se réunir à nouveau prochainement pour poursuivre le volet sécuritaire, alors que les États-Unis tentent de maintenir des canaux de dialogue avec toutes les parties prenantes du conflit.

Un équilibre instable

Les déclarations martiales de Pete Hegseth, couplées à l'absence de décision de Donald Trump sur un accord global, maintiennent la région dans une incertitude stratégique. Si les États-Unis affichent leur capacité à reprendre les armes, la poursuite des négociations et les rencontres entre belligérants montrent que la voie diplomatique n'est pas totalement abandonnée. Les prochains jours pourraient être décisifs pour déterminer si l'option militaire reprend le dessus ou si un compromis politique parvient à émerger.