Le Conseil de Paris a adopté, lors de sa séance de ce mercredi 16 juin 2026, un vœu soutenant l'initiative de Yaël Braun-Pivet en faveur d'une loi intégrale contre les violences sexuelles. La maire de Paris et les élus de la majorité appellent ainsi l'exécutif à engager un travail législatif transversal, au-delà des seules mesures pénales, pour mieux protéger les victimes et prévenir ces agissements.

Cette démarche fait suite à l'appel lancé début juin par la présidente de l'Assemblée nationale, qui plaide depuis plusieurs mois pour une réforme d'ampleur. Dans une intervention récente, Mme Braun-Pivet a déclaré : « On plaide pour cette fameuse loi intégrale depuis 2025. » Elle a également souligné le caractère systémique des défaillances constatées dans la prise en charge des mineurs victimes : « Ces défaillances sont systémiques et c'est ça qui nous révulse », a-t-elle affirmé, évoquant notamment l'affaire Lyhanna, qui a mis en lumière les lacunes du dispositif de protection de l'enfance.

L'élue, qui préside la chambre basse du Parlement, insiste sur la nécessité de parvenir à une avancée significative d'ici la fin du quinquennat. « L'important, c'est qu'à la fin du quinquennat nous ayons pu avancer », a-t-elle estimé, en insistant sur l'urgence d'agir face à un phénomène qu'elle juge trop longtemps sous-estimé.

Un vœu qui amplifie la pression politique

Le vœu adopté par le Conseil de Paris reprend les grandes orientations de la proposition formulée par Yaël Braun-Pivet. Il demande au gouvernement de présenter un projet de loi intégrale qui couvre l'ensemble des aspects de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles : prévention, éducation, accompagnement des victimes, sanctions pénales et suivi des auteurs. Les élus parisiens souhaitent que ce texte soit élaboré en concertation avec les associations, les professionnels de la protection de l'enfance et les collectivités territoriales.

Cette initiative locale intervient dans un contexte où plusieurs affaires récentes ont suscité une vive émotion dans l'opinion publique et relancé le débat sur les carences du système judiciaire et social. La ville de Paris, déjà engagée dans des politiques de prévention et de soutien aux victimes, entend ainsi peser sur l'agenda législatif national.

Une mobilisation politique croissante

L'appel de Yaël Braun-Pivet a reçu un écho favorable au sein de la majorité présidentielle et au-delà. Plusieurs parlementaires de différents bords politiques se sont dits favorables à une loi cadre, tandis que des associations de défense des droits des femmes et des enfants réclament depuis des années une refonte globale du droit existant.

La question fait également débat quant au périmètre exact de la future législation. Certains estiment qu'elle devrait inclure des mesures spécifiques pour les violences commises sur les mineurs, tandis que d'autres préconisent un texte plus large englobant toutes les formes de violences sexistes et sexuelles. La concertation en cours devrait permettre de préciser ces contours dans les prochaines semaines.

En attendant, la décision du Conseil de Paris constitue un signal fort adressé au gouvernement, alors que la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes a indiqué travailler sur un projet de loi qui pourrait être présenté à l'automne. La pression politique s'accentue pour que le texte soit à la hauteur des attentes, tant en termes d'ambition que de moyens alloués.

L'affaire Lyhanna, catalyseur d'une prise de conscience

L'affaire Lyhanna, du nom de la jeune fille décédée dans des circonstances tragiques, a agi comme un électrochoc. Les révélations sur les dysfonctionnements des services sociaux et judiciaires dans le suivi de son placement ont provoqué une onde de choc dans l'opinion et chez les responsables politiques. Yaël Braun-Pivet elle-même a évoqué ces « défaillances systémiques » pour justifier son appel à une loi intégrale.

La mobilisation du Conseil de Paris s'inscrit dans cette dynamique. Les élus parisiens espèrent que leur vœu contribuera à accélérer le calendrier législatif et à garantir que la future loi soit véritablement globale, afin d'éviter que de tels drames ne se reproduisent.