La monnaie américaine connaît une poussée spectaculaire depuis la mi-juin, après que plusieurs responsables de la Réserve fédérale ont laissé entendre qu’un relèvement des taux directeurs pourrait intervenir dès 2026. Cette perspective a provoqué une onde d’achat sur le billet vert, le propulsant à son plus haut niveau en plus d’un an.
Dès le 17 juin, des déclarations de membres de la Fed ont ouvert la porte à un resserrement monétaire l’année prochaine, déclenchant la plus forte hausse du dollar en trois mois. Ce mouvement s’est accéléré lors de la réunion suivante, où le ton hawkish du comité a renforcé les paris sur une hausse des taux dans les mois à venir. Les marchés de produits dérivés ont enregistré une demande record d’options d’achat sur le dollar, signe que les spéculateurs anticipent une poursuite de l’ascension.
Un sommet inédit depuis treize mois
Le 28 juin, le dollar a touché un pic de treize mois, porté par l’afflux de capitaux étrangers attirés par le boom de l’intelligence artificielle aux États-Unis, qui éclipse les préoccupations liées aux décisions erratiques de l’administration Trump. La vigueur de l’économie américaine et les perspectives de rendements plus élevés ont convaincu les investisseurs internationaux d’augmenter leurs expositions en devises américaines.
Le sentiment des traders au plus haut depuis 2015
Selon des données de marché compilées début juillet, la confiance des cambistes à l’égard du dollar n’a pas été aussi forte depuis 2015. Les paris sur l’appréciation du billet vert se sont accumulés, tandis que les anticipations de hausse des taux restent intégrées dans les prix des contrats à terme. Pourtant, certains opérateurs ont commencé à se couvrir contre un discours moins hawkish de la Fed, suggérant que le consensus pourrait être excessif.
Le yuan chinois perd du terrain
Dans le sillage de ce rallye, les espoirs d’un rebond du yuan chinois s’évanouissent. Les traders d’options abandonnent leurs positions haussières sur la devise chinoise et se tournent vers le dollar, accentuant la pression sur le renminbi. Cette tendance reflète le différentiel de taux d’intérêt entre les deux économies, la Fed se montrant plus restrictive que la banque centrale chinoise.
Des fondamentaux solides pour le second semestre
Plusieurs analystes estiment que les fondamentaux américains, notamment la croissance robuste et le marché du travail tendu, justifient une appréciation supplémentaire du dollar au second semestre. La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed a également été perçue comme un signal favorable aux « bulls », même si certains investisseurs restent prudents face aux risques politiques et commerciaux.
Un contexte politique ambigu
Si l’administration Trump suscite des inquiétudes chez certains investisseurs étrangers, ces derniers semblent pour l’instant les mettre de côté au profit des rendements attractifs offerts par les actifs américains. Le dollar a ainsi gagné plus de 5 % depuis fin janvier, effaçant les pertes liées aux turbulences politiques du début d’année.
Vers une nouvelle étape ?
Les marchés monétaires anticipent désormais un resserrement en 2026, mais l’ampleur et le calendrier exact restent incertains. La Fed pourrait surprendre par une action plus précoce ou plus modérée, ce qui expliquerait les récentes prises de bénéfices sur les positions haussières. Quoi qu’il en soit, le dollar semble installé dans une dynamique haussière solide, porté par la double locomotive de la politique monétaire restrictive et de l’innovation technologique.