Le Bureau fédéral d'enquête (FBI) affirme avoir mis en échec un projet d'attaque « planifié » ciblant le spectacle de l'Ultimate Fighting Championship (UFC) qui s'est tenu dimanche à la Maison-Blanche. Plusieurs personnes ont été placées en garde à vue, a indiqué mardi le directeur de l'agence, Kash Patel.
Menace repérée avant l'événement
M. Patel a précisé que les services fédéraux avaient eu connaissance de cette menace dès le 10 juin, soit plusieurs jours avant que le gala ne se déroule sur la pelouse sud de la résidence présidentielle. Ce dernier coïncidait avec le quatre-vingtième anniversaire du président Donald Trump et marquait le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance.
« Grâce à l'action rapide du FBI, de nos partenaires et du ministère de la Justice dans le cadre d'une opération menée dans plusieurs États, de multiples individus sont désormais sous les verrous et des attaques planifiées ont été stoppées net », a écrit M. Patel sur le réseau social X, en republiant un article de Fox News Digital.
Des drones explosifs et un assaut au sol
Selon les éléments rendus publics mardi, le scénario des assaillants présumés prévoyait le recours à des drones chargés d'explosifs pour frapper des bâtiments situés à proximité du lieu de l'événement. Des documents judiciaires dévoilés le même jour, et cités par plusieurs médias, décrivent le plan : les drones devaient semer la panique et attirer la foule en fuite vers une équipe de tireurs embusqués. Une « deuxième vague » d'assaillants aurait ensuite tenté de forcer les grilles de la Maison-Blanche.
Vingt-trois personnes étaient impliquées dans ce complot, d'après les informations publiées par Fox News Digital. Le même média indique que les auteurs présumés projetaient, selon des conversations obtenues par les enquêteurs sur l'application Signal, de se rendre en Virginie les 12 et 13 juin pour préparer leur passage à l'acte.
Arrestations et poursuites
Cinq personnes ont été interpellées dans plusieurs États, dont l'Ohio, le Missouri et la Californie, rapportent des sources proches du dossier citées par l'Associated Press. L'un des suspects, Tycen Proper, a été arrêté la semaine dernière dans l'Ohio. Selon les documents judiciaires, les enquêteurs ont eu accès à des conversations sur Signal qui impliquaient d'autres membres présumés du réseau. Il est inculpé de conspiration en vue de commettre une infraction contre les États-Unis et de tentative de meurtre sur un agent fédéral.
Le chef adjoint du Secret Service, Matt Quinn, a qualifié l'affaire de « menace sérieuse », tout en précisant que l'enquête reste active. « Il y a encore des suspects en fuite, et nous travaillerons jusqu'à ce que tout le monde soit identifié », a-t-il déclaré lors d'un point de presse. Le directeur du Secret Service, Sean Curran, a indiqué dans un communiqué que son agence avait « travaillé sans relâche pour identifier les responsables et les traduire en justice », ajoutant que les commentaires officiels sur les détails de l'affaire figureront dans les actes de procédure.
Un contexte de sécurité tendu
L'événement déjoué s'inscrit dans une période de vigilance accrue autour de la sécurité du président et de son entourage. Il intervient environ deux mois après une fusillade survenue lors du dîner de l'Association des correspondants de la Maison-Blanche, auquel M. Trump participait, et un mois après qu'un homme a été abattu par les agents du Secret Service après avoir ouvert le feu à un point de contrôle de la présidence.
Dimanche, environ 4 300 invités avaient été conviés sur la pelouse sud de la Maison-Blanche pour assister à une série de combats d'arts martiaux mixtes organisés à l'occasion du 250e anniversaire des États-Unis. Quelque 85 000 personnes supplémentaires pouvaient suivre la retransmission dans une zone réservée aux supporters située à proximité, tandis que quatorze combattants s'affrontaient lors de rencontres enchaînées.