Le groupe taïwanais Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) a annoncé une nouvelle enveloppe de 100 milliards de dollars pour étendre ses usines de fabrication de puces en Arizona. Cette décision, officialisée lors de la publication de ses résultats trimestriels, porte l’engagement total du premier fondeur mondial aux États-Unis à 265 milliards de dollars.
Une accélération liée à l’essor de l’intelligence artificielle
Le directeur financier de TSMC, Wendell Huang, a justifié cette accélération par une « tendance de fond pluriannuelle » de la demande de la part de ses clients, en particulier pour les technologies liées à l’intelligence artificielle. Selon lui, la société « double la mise » sur son développement en Arizona. Le président-directeur général, CC Wei, a précisé que ce nouvel investissement devrait se traduire par la construction de quatre usines supplémentaires, qui viendront s’ajouter aux huit déjà en chantier ou planifiées, ainsi qu’à un centre de recherche et développement et à deux installations d’assemblage avancé. Ces futures unités seront probablement implantées sur un nouveau campus de 900 acres acquis plus tôt dans l’année.
Des résultats financiers records
L’annonce coïncide avec la publication de résultats exceptionnels pour le deuxième trimestre 2026. Le bénéfice net de TSMC a bondi de 77 % par rapport à l’année précédente, atteignant 22 milliards de dollars, tandis que le chiffre d’affaires a progressé de 36 %, pour s’établir à 40,2 milliards de dollars. Le groupe a ainsi enregistré le trimestre le plus rentable de son histoire. Sa capitalisation boursière avoisine les 2 000 milliards de dollars, ce qui en fait l’entreprise la plus valorisée d’Asie.
Un contexte politique déterminant
Cet engagement massif s’inscrit dans la stratégie du président Donald Trump, qui multiplie les pressions pour rapatrier la fabrication de semi-conducteurs sur le sol américain. TSMC avait déjà lancé son premier chantier en Arizona sous l’administration Biden, en 2021. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane élevés aux partenaires commerciaux qui n’installeraient pas d’unités de production aux États-Unis. En janvier 2026, un accord a réduit les tarifs douaniers sur les marchandises taïwanaises à 15 %, en échange d’investissements massifs dans la fabrication de puces.
Le secrétaire au Commerce américain, Howard Lutnick, a salué l’initiative, estimant qu’elle allait « créer des dizaines de milliers d’emplois américains et ramener la fabrication de semi-conducteurs de pointe en Amérique ». Il a attribué cette dynamique au « leadership du président Trump ».
Des échéances encore floues
Interrogé sur le calendrier de construction, CC Wei s’est montré prudent, indiquant que le rythme dépendrait de « la situation du marché » et ajoutant que le groupe « essaierait d’accélérer autant que possible ». TSMC a néanmoins prévu un budget d’investissement pouvant atteindre 64 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année 2026.
Le dirigeant a également souligné que le groupe poursuivait ses expansions à Taïwan et au Japon, et que l’implantation américaine répondait avant tout à la demande liée à l’IA, qu’il a qualifiée de « mégatendance ». La société produit les puces les plus avancées conçues par des entreprises comme Nvidia et Apple.
Un phénomène qui dépasse TSMC
D’autres fabricants asiatiques suivent une trajectoire similaire. Samsung Electronics dispose déjà de deux sites de production au Texas, tandis que SK Hynix, un autre géant sud-coréen des mémoires, construit une usine dans l’Indiana. Ces mouvements illustrent la recomposition en cours de la chaîne d’approvisionnement mondiale des semi-conducteurs, sous l’effet conjugué des tensions géopolitiques et de l’explosion de la demande en capacités de calcul.
Avec cet investissement sans précédent de 265 milliards de dollars, TSMC devient le plus grand investisseur étranger de l’histoire des États-Unis.