Un plan social d’ampleur

Le groupe Ebra (Est républicain, Dauphiné libéré, Progrès, etc.) s’apprête à engager une restructuration majeure. Selon des informations confirmées par la direction, la présidente du groupe doit détailler lundi 22 juin, lors d’un comité social et économique (CSE), sa stratégie éditoriale pour les cinq années à venir. Ce plan prévoit la suppression de 300 à 400 postes via un dispositif de départs volontaires. Les métiers de la réécriture d’articles et de dépêches sont particulièrement concernés, ces tâches étant partiellement confiées à des systèmes d’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle en cause

Le groupe justifie cette décision par la nécessité d’automatiser certaines étapes de production, notamment la mise en page et la rédaction de brèves. Cette orientation suscite une vive inquiétude parmi les journalistes, qui craignent une dégradation de la qualité de l’information. Les syndicats dénoncent un « usage abusif » de l’IA, qui viendrait remplacer la main-d’œuvre au détriment de la diversité et de la profondeur des contenus.

Un secteur en crise

L’annonce d’Ebra s’inscrit dans un contexte de difficultés accrues pour la presse française. Depuis le début de l’année, plusieurs rédactions ont subi des plans de suppression d’emplois, touchant au total près de 1 500 journalistes. Outre-Atlantique, le Washington Post a récemment licencié un tiers de son effectif. En France, la concentration des médias, la précarisation des métiers et l’introduction rapide de l’IA alimentent un sentiment de crise durable.

Mobilisation des professionnels

Ce jeudi 18 juin, plusieurs centaines de professionnels de la presse ont manifesté à Paris, à l’appel de l’intersyndicale des métiers de la presse. Ils entendaient « défendre l’information » et « refuser les plans sociaux ». Une nouvelle journée d’action est prévue ce vendredi à Paris, alors que le secteur cherche des solutions pour préserver son indépendance et sa qualité face aux pressions économiques et technologiques.