Un tournant politique majeur s’est produit dans la bande de Gaza le 6 juillet 2026, lorsque le Hamas a officialisé la dissolution de ses instances dirigeantes locales, en place depuis sa prise de pouvoir en 2007. Cette décision, annoncée par Ismaïl al-Thawabta, porte-parole du mouvement, vise à faciliter une transition administrative vers le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une instance technocratique créée au Caire dans le cadre du processus de paix soutenu par les États-Unis.

Une annonce qualifiée de « ruse » par Israël

Le gouvernement israélien a immédiatement réagi en qualifiant cette initiative de « ruse », estimant qu’elle vise à contourner l’exigence centrale de son désarmement, condition posée par Israël et le plan de paix négocié par l’administration Trump. Le premier ministre Benjamin Netanyahu, qui affirme vouloir étendre le contrôle israélien à 70 % du territoire, considère que cette manœuvre n’est qu’un artifice pour éviter la reddition militaire du mouvement.

Un geste pour débloquer le plan Trump

Selon des analystes, cette décision du Hamas constitue un « geste » pour tenter de débloquer le plan de paix porté par le président américain Donald Trump. Le NCAG, mis en place en janvier 2026 par le « Conseil de Paix », est présenté comme une structure de transition capable d’administrer Gaza, mais sa légitimité et son fonctionnement concret restent flous. Le Hamas, tout en cédant formellement les rênes, semble espérer que cette ouverture politique permettra de relancer les négociations sur l’avenir du territoire, après le cessez-le-feu d’octobre 2025.

La question épineuse de la succession

Au-delà de l’annonce, la principale inconnue demeure la nature de l’autorité qui succédera au Hamas dans la bande de Gaza. Si le NCAG se déclare prêt à administrer l’enclave, sa capacité à s’imposer sur le terrain, à s’entendre avec les différentes factions palestiniennes et à gérer la reconstruction du territoire dévasté par les conflits successifs est très incertaine. L’Autorité palestinienne, basée à Ramallah, n’a pas encore réagi officiellement, mais sa position pourrait être ambiguë, entre volonté de reprendre pied à Gaza et méfiance envers un comité qui n’émane pas directement d’elle.

Un retrait politique sans désarmement ?

La principale pierre d’achoppement reste le désarmement du Hamas, que le mouvement n’a pas évoqué dans son annonce. Israël et les États-Unis considèrent que tout nouveau gouvernement à Gaza doit être non seulement technocratique, mais aussi dépourvu d’ailes armées. Tant que cette question ne sera pas réglée, il est peu probable que les négociations de paix aboutissent, et la dissolution des instances dirigeantes du Hamas pourrait n’être qu’un épisode de plus dans une longue série de blocages.

Des réactions internationales partagées

Sur la scène internationale, les réactions oscillent entre prudence et scepticisme. La communauté arabe, notamment l’Égypte et l’Arabie saoudite, a salué un « pas positif » mais conditionne tout soutien à une clarification des modalités de transition. L’Union européenne a appelé à une « solution inclusive » impliquant l’Autorité palestinienne. Washington, de son côté, a pris note de l’annonce, mais insiste sur la nécessité d’un « désarmement vérifiable » du Hamas. En attendant, la population de Gaza, qui continue de subir les conséquences de la guerre et du blocus, observe avec espoir mais aussi avec défiance ces manœuvres politiques dont elle a souvent été la première victime.