La vice-présidente des Philippines, Sara Duterte, a tenu un discours vigoureux lors de la deuxième journée de son procès en destitution, le 7 juillet 2026. S’exprimant devant la haute assemblée, elle a déclaré qu'elle serait « ensanglantée mais pas soumise », une formule qui résume sa détermination à faire face aux accusations portées contre elle.

Le procès, qui a débuté la veille, constitue une étape décisive dans la vie politique philippine. Sara Duterte est poursuivie pour des faits qui n’ont pas été précisés dans les sources disponibles, mais qui relèvent de violations graves de la Constitution et de la loi. La vice-présidente rejette ces accusations et les présente comme une tentative de déstabilisation politique orchestrée par ses adversaires.

Un climat politique tendu

Le deuxième jour des audiences a été marqué par une atmosphère électrique au sein de l’hémicycle. Les sénateurs, qui font office de juges, ont entendu les arguments de la défense et de l’accusation. Sara Duterte a réaffirmé son innocence et critiqué ce qu'elle estime être une procédure biaisée. Elle a appelé ses partisans à rester calmes et à faire confiance à la justice sénatoriale.

Le sénateur Francisco Tatad, qui préside la commission de justice, avait promis avant l'ouverture du procès que celui-ci serait « équitable et transparent ». Cette promesse est mise à l'épreuve dans un contexte où les clivages politiques sont profonds. La famille Duterte conserve une influence considérable, notamment dans l'île de Mindanao, fief électoral de l'ancien président Rodrigo Duterte, père de Sara.

Les enjeux du procès

Ce procès en destitution est le premier du genre visant un haut responsable philippin depuis plusieurs décennies. Il intervient alors que le paysage politique est fragilisé par des rivalités entre l'exécutif et le législatif. Sara Duterte, élue en 2022 sur un ticket commun avec le président Ferdinand Marcos Jr., a progressivement pris ses distances avec ce dernier. Les tensions entre les deux dirigeants sont de notoriété publique.

La procédure pourrait aboutir à la destitution de la vice-présidente si les deux tiers des sénateurs votent en sa défaveur. Une telle issue aurait des répercussions majeures sur la stabilité gouvernementale et sur les équilibres politiques à Manille.

Réactions et suites

Les partisans de Sara Duterte ont organisé des rassemblements de soutien à l'extérieur du bâtiment du Sénat, tandis que les opposants appelaient à ce que la loi soit appliquée sans complaisance. La suite du procès prévoit l'audition de témoins et l'examen de preuves documentaires.

Aucune date de verdict n'a été annoncée. Les observateurs prévoient des débats qui pourraient s'étendre sur plusieurs semaines, compte tenu de la complexité des charges et de l'importance politique de l'affaire.