Le gouvernement japonais a dévoilé son intention de remplacer une partie importante de son parc nucléaire vieillissant. Selon des informations concordantes, les autorités envisagent le remplacement de quatorze réacteurs arrivés en fin de vie opérationnelle, avec pour objectif de porter la contribution de l'énergie nucléaire à environ 20 % du mix électrique national d'ici le milieu du siècle.
Ce plan s'inscrit dans une stratégie plus large de relance de la filière atomique, mise à l'arrêt après la catastrophe de Fukushima en 2011. Depuis plusieurs années, le pays a progressivement redémarré certaines unités jugées sûres et travaille à la construction de nouvelles capacités. Le remplacement des réacteurs les plus anciens par des modèles plus modernes et plus sûrs permettrait de maintenir un niveau de production stable tout en répondant aux objectifs de décarbonation.
Un objectif de doublement de la part nucléaire
Avant l'accident de Fukushima, le nucléaire représentait environ 30 % de l'électricité produite au Japon. La plupart des réacteurs ont ensuite été arrêtés pour des inspections et des mises aux normes. Aujourd'hui, une trentaine d'unités sont potentiellement exploitables, mais seules une dizaine fonctionnent effectivement. Le nouveau plan prévoit de remplacer progressivement les unités les plus anciennes — celles construites dans les années 1970 et 1980 — par des réacteurs de nouvelle génération.
Selon les estimations gouvernementales, ce programme de remplacement pourrait concerner jusqu'à quatorze réacteurs d'ici 2050. Il s'agirait de construire de nouvelles tranches sur les sites existants, en utilisant les technologies les plus récentes en matière de sûreté. Les autorités espèrent ainsi porter la part du nucléaire à environ 20 % du mix électrique, contre moins de 10 % actuellement. L'objectif est également de réduire la dépendance du Japon aux énergies fossiles importées, principalement le gaz naturel liquéfié et le charbon.
Un calendrier étalé sur plusieurs décennies
Le remplacement des réacteurs ne se fera pas du jour au lendemain. Les procédures d'autorisation, les études d'impact et les phases de construction devraient s'étaler sur les vingt-cinq prochaines années. Le gouvernement a indiqué vouloir accélérer les processus administratifs tout en maintenant des exigences de sûreté strictes. Les premiers chantiers pourraient débuter avant la fin de la décennie, sous réserve de l'approbation des collectivités locales et des autorités de régulation.
Ce projet suscite des réactions contrastées au sein de la population japonaise, traditionnellement méfiante envers le nucléaire depuis Fukushima. Les associations antinucléaires dénoncent un risque inacceptable et plaident pour un développement accéléré des énergies renouvelables. Les industriels et une partie du monde politique soulignent au contraire la nécessité de disposer d'une source d'énergie stable et bas carbone pour soutenir l'économie du pays.
Un défi industriel et financier
La mise en œuvre de ce programme représente un défi industriel considérable. Les constructeurs japonais, notamment Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba, devront mobiliser des capacités de production importantes. Le coût total des quatorze réacteurs n'a pas été officiellement chiffré, mais les experts évoquent plusieurs dizaines de milliards de dollars. Le gouvernement prévoit un financement mixte, associant fonds publics et investissements privés.
Par ailleurs, le Japon devra résoudre la question du stockage des déchets nucléaires, un sujet sensible qui reste en suspens. Aucun site de stockage définitif n'a encore été retenu. Les autorités espèrent que le renouvellement du parc facilitera l'acceptation sociale d'une solution de gestion à long terme.