Le Kosovo organise ce dimanche des élections législatives anticipées, convoquées après que le Parlement sortant n'est pas parvenu à élire un nouveau chef de l'État avant la date butoir du mois de mars. Il s'agit du troisième scrutin national en moins d'un an et demi, une instabilité chronique qui freine le développement économique et les aspirations du pays à intégrer l'Union européenne.
Un blocage parlementaire à l'origine du scrutin
La convocation de ce vote fait suite à l'incapacité des principaux partis politiques à s'entendre sur un successeur à l'ancienne présidente Vjosa Osmani dans le délai constitutionnel. Bien que le Premier ministre Albin Kurti et son parti de centre-gauche Vetevendosje disposent d'une majorité claire à l'Assemblée, l'élection d'un président requiert au minimum 80 voix sur les 120 sièges que compte l'hémicycle. Or, lors des votes successifs, le quorum n'a pas été atteint en raison du boycott de l'opposition, qui a privé la chambre d'un nombre suffisant de députés. Pour qu'une candidature puisse recueillir les suffrages nécessaires, le soutien d'au moins une des principales formations d'opposition est indispensable, la coalition menée par Vetevendosje ne pouvant à elle seule réunir le quorum requis.
Les principaux acteurs en lice
Albin Kurti brigue un nouveau mandat à la tête du gouvernement. Il avait obtenu sa majorité parlementaire lors du scrutin de décembre dernier, lui-même consécutif à un premier vote non concluant en février 2025. Il est désormais concurrencé par les deux principales formations d'opposition : le Parti démocratique du Kosovo (PDK) et la Ligue démocratique du Kosovo (LDK). L'ancienne présidente Vjosa Osmani figure sur la liste de la LDK pour ce scrutin, après avoir rompu son soutien à Albin Kurti, qui avait refusé de la présenter pour un second mandat à la tête de l'État.
Un contexte régional et diplomatique tendu
Le Kosovo a proclamé son indépendance de la Serbie en 2008, au terme d'une guerre menée entre 1998 et 1999, à l'issue de laquelle les forces serbes s'étaient retirées sous les bombardements de l'OTAN. Cette indépendance est reconnue par les États-Unis et la plupart des pays de l'Union européenne, mais pas par la Serbie ni par ses alliés, la Russie et la Chine. Bruxelles a clairement signifié aux autorités de Pristina et de Belgrade que la normalisation de leurs relations est une condition préalable à toute avancée dans le processus d'adhésion à l'UE.
Un impact économique et social
La répétition des scrutins, en l'espace de seize mois, pèse lourdement sur une économie déjà fragile. Les analystes soulignent que cette instabilité politique prolongée a contribué à dégrader un climat des affaires déjà peu favorable et à ralentir les réformes structurelles nécessaires à l'intégration européenne.
Déroulement du scrutin et résultats attendus
Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à sept heures du matin (5 heures GMT) et fermeront à dix-neuf heures. Les premiers résultats préliminaires sont attendus dans la soirée de ce dimanche.